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Bourses et logements universitaires : les Crous à la ramasse

Queues interminables, listes d’attente sans fin, frais de scolarité exigés avant examen des dossiers : en cette rentrée, l’exaspération des étudiants concernés est à son comble. L’enquête  à Paris et à Créteil.

nassiracrous12.jpgPas de ticket pour prendre son tour. Juste une interminable file d’attente. Bienvenue dans le monde enchanté des Crous, ces administrations chargées, entre autres, de la gestion des bourses et des logements universitaires. Chargées, mais surtout débordées en ce début d’année universitaire.

Fin septembre au Crous de Paris. Alors que les années précédentes, les étudiants pouvaient monter directement au premier étage et patienter avant d’espérer rencontrer un agent, c’est désormais un personnel de sécurité qui leur souhaite la bienvenue. Des hommes qui jouent à la police et aux régulateurs de flux. Une maman est venue s’occuper du dossier de bourses de ses enfants : « Ils sont en cours. Deux sont en prépa et ma fille est en double-cursus. Ils n’ont pas le temps de se déplacer donc je viens à leur place. Mercredi dernier, je suis venue pourtant assez tôt mais il y avait déjà du monde jusque devant les portes. Je n’ai pas eu le courage de rester. » Les étudiants font le pied de grue. Parfois pendant plusieurs heures. Certains sont arrivés bien avant l’horaire d’ouverture, 9 heures, pour espérer être parmi les premiers.

Pour beaucoup, la rentrée ayant déjà commencé, il n’y a pas d’autre choix que de rater des cours. C’est le cas d’Aurélie, étudiante en littérature. Certains repartiront bredouilles si le service ferme ses portes avant qu’ils n’aient atteint le guichet. Le Crous de Paris tente de gérer la situation comme il peut. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, le service est ouvert jusqu’a 15h30 contre 13 heures habituellement. Mais inutile d’appeler le service au téléphone. Personne pour répondre.

Au Crous de Créteil, la situation est en apparence plus maîtrisée. Pas de queue interminable à l’arrivée, les étudiants semblent reçus assez rapidement et ont la chance de pouvoir s’asseoir sur les quelques sièges de la salle d’attente. Mais en discutant avec certains d’entre eux, en colère, la situation apparaît là comme tout autant difficile.

Comme au Crous de Paris, le flux tendu de cette rentrée y a entraîné des retards dans le traitement et la saisie des dossiers, et cela a eu des conséquences sur la mise en paiement des bourses. Au final, de nombreux étudiants se retrouvent en ce début d’année sans bourse mais également sans attestation prouvant qu’ils toucheront bien cette aide financière alors même que la plupart étaient déjà boursiers les années précédentes. Résultat : pas d’attribution conditionnelle ou définitive de bourses, obligation de payer les frais d’inscriptions à la fac.

« C’est scandaleux de devoir payer les frais de scolarité alors qu’on est boursier. J’ai dû trouver 378 euros pour mon inscription. Si j’ai une bourse, c’est qu’à la base, j’ai une situation modeste. 400 euros c’est pas donné à tout le monde. J’ai des amis qui étaient dans le même cas. Ils ne se sont pas inscrits parce qu’ils n’avaient pas l’argent. Je trouve ça grave », s’insurge Céline, en DUT carrières sociales à Paris XII. Sur avis d’un des agents du service des bourses, elle a rencontré une assistante sociale de sa fac. « Je suis partie lui expliquer ma situation et demander une aide pour le paiement de mes frais de scolarité. Elle ma dit que je n’étais pas prioritaire et que des étudiants se trouvaient dans des situations plus dramatiques que la mienne. Ça m’a vraiment énervée. »

Obligée donc de payer ses frais de scolarité. Là encore, les difficultés continuent : «Impossible d’échelonner le paiement comme je l’avais demandé, car 400 euros d’un coup c’était énorme pour moi. Et pour payer, c’est soit par mandat cash, soit par chéquier. Je n’en avais pas. J’ai dû demander à quelqu’un de ma famille. » Une autre étudiante rencontrée au Crous de Paris explique avoir montré son avis définitif de bourse de l’an dernier pour ne pas avoir à payer les frais de scolarité de cette rentrée. A charge pour elle de ramener la nouvelle notification une fois reçue. Une solution que seule cette étudiante semble connaître. D’autres étudiants rattachés aux Crous de Créteil et de Paris indiquent avoir dû s’acquitter des frais d’inscription, en raison du retard dans le traitement des dossiers.

Mathieu Beurois, chargé de la communication au Crous de Créteil, en veut à ces étudiants qui se réveillent, selon lui, à la dernière minute : « Beaucoup arrivent à la rentrée et demandent une bourse et un logement alors qu’ils n’ont pas respecté les délais de saisie des dossiers. Si on avait le courage de décider qu’après une certaine date, il n’est plus possible de faire sa demande, cela responsabiliserait peut-être les étudiants. »Au-delà de la saturation du service, il y le nouveau barème des bourses que le ministère n’a adressé aux Crous que vers les première et deuxième semaines de septembre. Il y a aussi les variations de dates de traitement des dossiers dues aux arrivées au compte-goutte des demandes. Selon Mathieu Beurois, si les étudiants saisissaient leurs demandes dans les délais impartis, les attributions de bourses leur arriveraient au plus tôt en juin, au plus tard en septembre. Pourtant, certains étudiants qui n’ont, à ce jour, toujours pas de réponse définitive, assurent avoir fait leur demande dans les temps.

A cela s’ajoutent les pièces manquantes aux dossiers qui retardent leur traitement, le manque de personnel et les bugs informatiques. Fin août, une panne du serveur a donné des sueurs froides aux étudiants qui, en se connectant sur le site des Crous, ne voyaient qu’une page blanche, sans aucun accès au suivi de leur dossier. Et en cette matinée de septembre seuls trois agents reçoivent les étudiants au Crous de Paris, pourtant présents en nombre. A Créteil, Mathieu Beurois reconnaît qu’il manque de mains: « On a bien recruté des étudiants, des vacataires que l’on a formés mais il est clair qu’il n’y a pas assez de personnel. »

Au Crous de Paris, une des personnes chargées de la sécurité répond à la plainte d’une des étudiantes : « Vous savez, dans mon quartier, j’ai bien demandé à des jeunes de venir travailler mais tu parles, ils préfèrent tenir les murs. » Et lorsque des pièces de dossiers viennent à manquer, aucun autre moyen pour les étudiants de le savoir si ce n’est en se déplaçant directement dans les Crous : la ligne téléphonique est très souvent saturée, et aucun courrier ni mail n’est envoyé.

Que ce soit à Paris ou à Créteil, inutile d’espérer un logement universitaire. Les résidences sont pleines. « Un taux d’occupation, non pas de 100% mais de 120% pour l’académie de Créteil. C’est-à-dire que toutes les résidences sont pleines, que les seuls logements vides actuellement sont ceux qui viennent d’être quittés et qui seront réoccupés dans quelques jours le temps que les étudiants arrivent. Et il y a également une liste d’attente de 2000 étudiants que nous venons d’arrêter. On s’est rendu compte qu’elle donnait de faux espoirs aux étudiants alors que ceux sur la liste ne sont même pas sûrs d’avoir quelque chose », explique Mathieu Beurois.

Des solutions alternatives existent pour les étudiants. Encore faut-il les connaître. Pour le chargé de la communication du Crous de Créteil, les moyens d’information ne manquent pas : site internet, stands du Crous à l’université, campagne d’e-mailing, plaquettes et livrets d’information, page officielle sur Dailymotion. Il assure même répondre aux questions des jeunes sur Twitter. « La population étudiante est une cible extrêmement difficile à toucher », regrette-t-il. Pourquoi ne pas envisager des séances obligatoires pour les étudiants en amphithéâtres dans les universités? « On s’est battu cette année avec les universités pour que le Crous fasse des interventions en amphithéâtre. Il y a eu d’âpres négociations. Au final on a pu intervenir en amphi mais pas de manière obligatoire. Résultat : seuls quatre étudiants étaient présents. »

Afin d’aider ceux en difficulté, il y a le FNAU, le Fonds national d’aide d’urgence des Crous qui remplace les anciens dispositifs de l’allocation unique d’aide d’urgence et de l’allocation d’études. Il permet, sur décision d’une commission, d’accorder des aides annuelles aux étudiants recevables à une bourse mais dont la situation familiale ne permet pas le traitement « classique » de leur dossier, et d’allouer des aides ponctuelles aux étudiants qui rencontrent des difficultés momentanées. Mais, selon les étudiants présents au Crous de Créteil, la grande majorité ignore l’existence de ce dispositif. Mathieu Beurois confie que quelques étudiants, ayant appris la tenue des commissions sans avoir bénéficié d’aides, ont adressé des menaces de mort par courrier, par téléphone et agressé verbalement et physiquement des agents du Crous.

Pour le logement, Mathieu Beurois insiste sur les rénovations et les prochaines constructions de résidences universitaires : selon ses chiffres, ente 85 et 90% du parc locatif géré par le Crous de Créteil a été rénové. Et de nouvelles résidences verront le jour à Villetaneuse, à Bobigny sur le site de la Vache à l’aise et à La Courneuve. « Cela prend du temps : le temps d’avoir les autorisations, d’avoir les permis de construire… » Ces projets de construction sont peu médiatisés : « C’est un choix stratégique, explique-t-il. Il ne faut pas en parler trop tôt car encore une fois, on est dépendant des délais de chantiers qui peuvent prendre du retard. Ça pourrait créer des frustrations. Il faut certes les mettre en avant pour montrer nos actions en la matière mais pas trop pour éviter que cela se retourne contre nous.»

Mathieu Beurois déplore l’image négative du Crous. « J’aimerais pouvoir montrer à quel point les agents des services ne ménagent pas leurs efforts au service des étudiants. La semaine dernière, 1536 ont été reçus du lundi au jeudi. L’accueil physique des étudiants est une vraie priorité pour nous. » C’est ainsi que le responsable de communication a organisé l’année dernière un casting dans les universités de l’académie. Objectif : donner une image moderne et en phase avec la réalité du monde de la vie étudiante. Cinq étudiants ont été sélectionnés par un jury pour représenter la nouvelle génération d’étudiants dans les campagnes d’affichage du Crous. Coût de l’opération : 5 000 euros.

Il faudra encore du temps et davantage d’efforts pour redorer la réputation des Crous. Il suffit de surfer sur les forums spécialisés et de lire les posts les concernant pour avoir une idée de l’opinion des étudiants à ce sujet. Céline, l’étudiante de carrières sociales, est catégorique : « Si on veut être informé, vaux mieux connaître des étudiants ayant traversé les mêmes galères et qui ont connu les mêmes problèmes. Ils savent nous informer beaucoup mieux que tous les services du Crous réunis. »

Hasard du calendrier? Voici le message que l’on pouvait lire sur le site internet du Crous de Paris au moment où je finissais de rédiger cet article : « Suite à une coupure d’alimentation électrique sur le réseau informatique, le service des bourses et du logement est fermé le mercredi 6 octobre. L’application internet « suivi du dossier social étudiant » est également fermée pendant la même période. »

Nassira El Moaddem

Billet paru sur le Bondy Blog : cliquez ici

Articles du blog publiés dans la page « Libres échanges » de l’Humanité.fr

« Au Crous de Paris : entre espoirs et inquiètudes » , cliquez ici  : Libres échanges

« La Nourmania secoue le monde arabe », cliquez ici : Libres échanges

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« Oxygénons la France », cliquez ici : Libres échanges

Au Crous de Paris : entre espoirs et inquiétudes

dcfc0038.jpgReportage : Mercredi 30 juillet, 9 heures, avenue Georges Bernanos dans le 5ème arrondissement.

Une demi-heure avant l’ouverture, déjà une vingtaine d’étudiants attendent patiemment devant le bureau du service bourses et logements du Crous de Paris. Le Crous, Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires, est un établissement public régional dont la mission principale est de favoriser le cadre et les conditions de vie des étudiants de l’académie. Pourtant malgré cette mission de service public, le Crous est bien l’endroit par excellence que les étudiants boursiers parisiens aimeraient éviter : attente, bureaucratie, chaleur, nervosité … Certains doivent rater une journée de leur stage ou de leur job d’été pour accomplir les formalités administratives. Pour ces étudiants, les étés se suivent et se ressemblent.

Tous les ans à cette époque, ils se pressent au service des bourses et logements du Crous afin d’obtenir une admission en résidence universitaire et s’assurer de bénéficier d’une bourse en septembre. La saison des nouvelles arrivées pour la prochaine rentrée universitaire bat son plein au grand dam des étudiants boursiers qui résignés, prennent leur mal en patience et espèrent se voir attribuer une chambre en résidence. La difficile situation du logement à Paris n’est pas un scoop. Pour ces étudiants, il est quasi impossible d’envisager de financer un loyer du parc locatif privé de la capitale : obtenir une admission en résidence Crous sonne comme l’opération de la dernière chance.

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Un des étudiants décide d’improviser une liste de passage selon l’ordre d’arrivée de chacun. Quelques minutes plus tard, le service ouvre et un des agents d’accueil distribue au hasard des mains tendues des tickets numérotés. Lorsque l’étudiant lui présente la liste déjà établie, il refuse de la prendre et lui montre l’écran suspendu sur lequel chaque étudiant sera appelé en fonction du numéro attribué. Le geste ne plaît pas. Les étudiants se redistribuent alors les tickets en fonction de leur arrivée.

Au bout d’une heure d’attente, stress et nervosité commencent à se lire sur les visages des étudiants. On a comme l’impression que tout se joue sur cette liste de numéros qui défile lentement sur l’écran. Les nouveaux arrivés prennent un ticket. Pas de place assise. Assis sur le sol et adossés au mur, chacun attend son tour. Même les escaliers et les recoins sont investis. Le silence de cette salle d’attente improvisée est quasi imperturbable. Dans le bureau, la tension monte. Une étudiante s’accroche avec un des agents. Les horaires d’ouverture du bureau des bourses et logements sont limités : l’accueil des étudiants se fait entre 9h30 et 12h. Aujourd’hui, 1 personne reçoit pour le logement et deux pour les bourses: « Il y a trop peu de personnel», estime Juliette, 24 ans doctorante en linguistique à Paris VII. Habiba, étudiante en première année de master de psychologie à l’Institut Henri Piéron de Paris V, ironise : « Ce matin j’étais en panique! Ma soeur me disait que ça ne servait à rien de venir au Crous et qu’il y aurait trop de monde! Un jour je suis venue. J’ai attendu presque 4 heures. Je me suis dite que ce n’était pas possible d’attendre autant de temps sans passer surtout que je ratais des cours pour pouvoir venir (…) Au Crous, il faut venir très tôt. C’est connu! Dès qu’on parle du Crous, il faut se lever à 6h. C’est dommage car le Crous pour nous est synonyme d »attente ». Juliette confirme en souriant : « En septembre faut se lever à 6 heures du matin, c’est la folie ! Y’a des gens jusqu’en haut des escaliers! (…) De toute façon, il n’y pas assez de monde pour l’accueil».

Le Crous de Paris gère plus de 300 000 étudiants dont environ 37 000 boursiers soit moins de 15 % des effectifs. Paris, Lyon et Strasbourg recensent les plus faibles nombres de boursiers contrairement aux académies d’Amiens, de Lille et de Corse dans lesquelles ces derniers forment entre 30 et 40% des étudiants. Quant aux logements étudiants parisiens, on en compte environ 3 500 répartis sur 36 résidences universitaires. L’objectif affiché par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse est d’accroître l’offre de logements universitaires et d’augmenter le nombre d’étudiants bénéficiaires de bourses sur critères sociaux. Depuis janvier 2008, un 6ème échelon a été mis en place et pour la rentrée les critères d’attribution des bourses ont été ramenés à 3 : revenus des parents, éloignement géographique du domicile familial et nombre d’enfants à la charge des parents. Résultat : des critères sont supprimés comme celui de parent isolé ou celui lié à un handicap ce que l’UNEF considère comme « allant à l’encontre de la logique d’autonomie des étudiants ». Ce changement des règles d’attribution va sans nul doute bousculer les octrois définitifs de la bourse : certains verront leur bourse diminuer d’autres augmenter. Le ministère s’y prépare. Le recours autorisé auprès du recteur d’académie pour contester la décision d’attribution ou de non attribution risque de prendre du temps pour des étudiants à la situation déjà précaire.

Juliette parallèlement à son doctorat étudie l’ hongrois à l’INALCO et espère bénéficier d’une exonération des frais d’inscription en thèse et d’une bourse d’études grâce à ce double cursus. « Il me reste encore un droit à la bourse. Avec mon inscription en 3ème année de licence d’ hongrois j’espère pouvoir obtenir une bourse pour l’an prochain ». En effet, l’attribution des bourses du Crous s’opère jusqu’en deuxième année de master avec une répartition comme telle : 4 droits à la bourse maximum pour la Licence et trois maximum pour le Master. Les doctorants, qui ne rentrent pas dans ce système, doivent se débrouiller pour trouver un financement.

Quant à l’offre de logement actuelle, celle-ci est loin de satisfaire la demande de plus en plus croissante. De plus, les résidences universitaires parisiennes ne sont accessibles qu’aux seuls étudiants ayant déjà accompli deux années dans l’enseignement supérieur et la durée maximale d’occupation est de 3 ans. Pour les étudiants boursiers malheureux, il faudra se replier sur d’autres solutions : colocation, foyers, petites-annonces, sous-location… Certains devant la difficulté de la tâche décident de partager une chambre ou un studio d’une résidence Crous. Comme Hamid, étudiant boursier mais qui n’a pas eu la chance de figurer sur la liste des heureux élus. Il vit avec sa petite amie qui elle a obtenu une chambre de 15 mètres carré dans une résidence universitaire du Crous. « Ce n’est pas évident tous les jours mais on s’y fait. C’est soit ça soit dormir dehors. On n’a pas le choix. Mais ça va on n’est pas mal lotis ici. Il y a toujours pire ». Une façon de se rassurer. « Ce qui est embêtant c’est pour le courrier et d’avoir peur d’être découvert car le règlement stipule bien qu’on n’a pas le droit de vivre à plusieurs ». Pour Habiba, une admission en chambre universitaire est synonyme d’autonomie : « Je pourrai me mettre en colocation mais cela reste cher. Il faut débourser 250 voire 300 euros pour le loyer sans compter le dépôt de garantie, les charges et trouver le garant alors qu’un logement du Crous on peut le trouver à 150 euros. (…) C’est nécessaire. Même pour avancer, pour me sentir bien. J’ai besoin de cela pour avancer. Il faut que je m’accroche ». L’année prochaine Hamid retentera sa chance en espérant cette fois-ci obtenir le précieux sésame. Pour Juliette, originaire de Toulouse, l’arrivée à Paris a été difficile. « En arrivant ici, je n’avais pas de logement. Le transfert de dossier de mon Crous d’origine à celui de Paris a pris du temps. Heureusement, j’ai de la famille ici. Je suis restée chez ma tante le temps que l’on m’attribue un logement en novembre. Je ne sais pas comment j’aurai fait sinon. J’imagine que certains doivent rester à l’hôtel».

Habiba est boursière à échelon 3. Derrière les grands yeux noirs de cette jeune fille brillante et dynamique se cache une certaine anxiété : « J’ai 24 ans et j’habite toujours chez mes parents. J’aimerai avoir un logement Crous. Ce qui est dommage c’est que l’attribution d’une bourse repose sur des critères uniquement sociaux. Ce qu’il faudrait c’est prendre en compte aussi le vécu des étudiants. Mais si l’on a des problèmes par exemple avec ses parents c’est difficile à prouver. Avoir un bon climat pour travailler c’est aussi important ». Avec des parents qui vivent en petite couronne, Habiba est peu optimiste quant à l’attribution d’une chambre en résidence universitaire : « Je suis sur liste d’attente. On m’a dit qu’ il fallait que je confirme ma demande de logement sur internet et attendre que quelqu’un se désiste ».

Nassira El Moaddem

(Ci-dessus : Photos du Crous de Paris et étudiants patientant devant le bureau des bourses et des logements. Nassira El Moaddem.)

 

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