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Un été très politique pour les jeunes Tunisiens de France

L’envie malgré la distance. La volonté de s’engager en dépit de la confusion qui règne dans le paysage politique. Les jeunes de la diaspora tunisienne de France ont soif de participation et d’engagement dans la nouvelle vie démocratique en Tunisie. Depuis lundi 11 juillet et jusqu’au 2 août, les listes électorales sont ouvertes pour le vote de la future Assemblée constituante prévu le 23 octobre 2011. Au total, dix sièges sur deux-cent quinze seront réservés aux Tunisiens de France.

155018038ea0meetingdupartitunisienafektounesle12.jpgUn enjeu pour les partis et une chance pour les jeunes Tunisiens de l’Hexagone, impatients d’exprimer leur opinion politique à travers les urnes. Car pour beaucoup d’entre eux, ce scrutin sera une grande première. « J’ai 26 ans et je vais voter pour la première fois. Avant, cela ne servait à rien. Il y avait Ben Ali et ceux qui étaient adoubés par le système. Voter c’était légitimer leur mascarade !, confie Nabil Lakhdar, ingénieur en informatique à Paris. Là c’est différent. Il s’agit d’élire la prochaine assemblée constituante et donc de poser les bases d’un vrai changement. »

UN VOTE QUI COMPTE

En nombre, ils se sont déplacés ce samedi 16 juillet au consulat de Tunisie, rue de Lübeck à Paris (16e), pour l’inscription sur les listes électorales. « Venir au consulat, ça a toujours été synonyme de complications administratives, de stress, d’attente. Aujourd’hui, c’est un geste fort de l’engagement des jeunes Tunisiens de France », explique Amira Yahyaoui, jeune militante tunisienne qui vit à Paris. Chacun s’interroge sur le rôle qu’il pourra jouer dans l’avenir politique de la Tunisie : militer dans une association, s’engager dans un parti, ou simplement aller voter ?

Feriel Ben Ayed, étudiante de 20 ans à l’école de commerce de Reims, a déjà sauté le pas. Secrétaire général de l’association parisienne de soutien au parti « Afek Tounès » (Horizons Tunisie), c’est dans cette formation politique née au lendemain de la révolution qu’elle a pris sa carte. « Parce que c’est un parti jeune et que ses leaders sont compétents, ont fait de grandes études à l’étranger et ont donc une sensibilité politique dans laquelle je me reconnais. »

Un constat que partage Mariem Halloul, diplômée de finances de 24 ans qui projette de militer dans un parti, mais pas avant d’avoir défriché les programmes : « J’écoute avec intérêt ce qu’ils proposent comme réformes et idées pour relancer et moerniser l’économie tunisienne. »

Thameur Zghal, ingénieur de 26 ans, espère surtout que les partis donneront les moyens aux jeunes Tunisiens de l’étranger de participer à la reconstruction du pays : « Il ne faut pas oublier que nous sommes 1 million de Tunisiens à vivre à l’extérieur du pays, sur une population globale de 10 millions d’habitants. »

LES JEUNES, BOÎTES À IDÉES POUR LES PARTIS

Ce poids politique, les partis tunisiens l’ont bien compris. A Paris, ils défilent déjà depuis plusieurs mois. Ennahda, Tejddid, le Parti Démocrate Progressiste, le Congrès Pour la République, Afek Tounès, Ettakatol, tous sont venus pour leurs meetings ou pour des rencontres à l’invitation d’associations. Objectif : séduire les jeunes diplômés dynamiques que la diaspora compte. les quelques 600 000 Tunisiens de France et

Les meetings sont l’occasion pour les formations politiques de recruter eurs futures boîtes à idées. « Rejoignez-nous dans les commissions. Nous avons besoin de vous », lance Yassine Brahim à une dizaine de jeunes venus l’interroger Le tout juste démissionnaire ministre des transports tunisien était à Paris le 12 juillet pour le deuxième meeting de Afek Tounès. « La France représente l’équivalent de notre 5e circonscription en Tunisie. C’est donc une région capitale au niveau politique et un relais important pour le futur de notre parti. Ici, il y a un énorme potentiel : de jeunes cadres, des personnes qualifiées, des jeunes très bien informés et hyperconnectés qui peuvent être intéressés par notre programme ».

Par dizaines, les jeunes Tunisiens de France apportent leur expertise au sein des commissions. D’autres ont créé leurs associations, certaines proches des partis. Sur les réseaux sociaux, via Twitter ou Facebook, ils informent des rendez-vous politiques tunisiens incontournables, tiennent une veille sur les débats en cours en Tunisie et discutent des enjeux politiques des prochaines élections. Ce qui ne les empêche pas d’être « aient fait du populisme et de la démagogie pour ramasser des voix » critiques sur le jeu mené par les partis. Comme Mohamed Naceur Jeziri, 28 ans, chef de projet en informatique à Paris, qui regrette que tous les partis, sans exception, « aient fait du populisme et de la démagogie pour ramasser des voix ».

En cette fin juillet, beaucoup d’entre eux rentrent en Tunisie, souvent pour la première fois depuis la révolution de janvier, avec le projet d’observer attentivement les événements sur place. Un été résolument politique qui augure déjà de l’ambiance et du ton des mois à venir.

Nassira El Moaddem

Au Consulat de Tunisie à Paris, les jeunes s’organisent

Un consulat ouvert le week-end ? Un exploit à l’initiative d’un groupe de cinq jeunes Tunisiens. Aux guichets du consulat de Tunisie à Paris, ce samedi 16 juillet, de jeunes bénévoles ont remplacé les employés pour inscrire les Tunisiens sur les listes électorales. Deux semaines pour un enjeu aussi capital, qui plus est en période de vacances, pour beaucoup c’était insuffisant. D’autres se sont plaints de la complication des formalités administratives et des dysfonctionnements au consulat : manque de personnel, un seul guichet ouvert, une photocopieuse sur quatre seulement qui fonctionne. « Le consulat à Paris demandait même à certains Tunisiens de présenter pièce d’identité et carte consulaire alors que cette dernière n’est pas obligatoire », s’agace Imène Ayoub, étudiante.

« Le pire c’est la méconnaissance de la loi et de la procédure. L’Instance supérieure indépendante pour les élections avait dit que les Tunisiens pouvaient s’inscrire n’importe où ; au consulat à Paris, on leur disait le contraire ! », explique Amira Yahyaoui. Accompagnée de quatre compatriotes, elle a obtenu de la part du consul Hichem Khellil et du ministère des Affaires étrangères tunisien l’accord pour une ouverture les week-ends grâce à l’aide de dizaines de bénévoles pour assurer l’accueil du public « Nous sommes également en train de négocier pour une prolongation d’une semaine de l’inscription à l’échelle de tous les consulats », affirme Amira Yahyaoui.

Cette jeune militante de 26 ans ne compte plus les mails venus de toute la France de jeunes Tunisiens proposant d’apporter leur aide. « Même si ce sont des jeunes bénévoles, on essaye de faire les choses comme il faut et de respecter les règles de fonctionnement comme celle de la neutralité des agents. Certains des bénévoles qui ne sont pas dépendants de ce consulat ne peuvent même pas s’inscrire sur les listes ici ! C’est frustrant mais on doit s’y plier. »

Article paru sur LeMonde.fr le 18 juillet 2011: cliquez ici

Live from Bucarest : rencontre avec SkizZo Skillz

Samedi 15h45 au Floor, un club de Bucarest où viennent se produire les week-end jeunes musiciens, humoristes et chanteurs. Dans quelques minutes, rencontre avec SkizZo Skillz, un rappeur roumain orginaire de Timisoara. Je vous en dirai plus dans un prochain billet. En attendant, quelques photos du personnage et une vidéo d’un de ses clips

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Photos : Nassira El Moaddem
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Live from Bucarest : mystérieux messages publicitaires dans le métro

img1020.jpgLe métro de Bucarest voit ses murs recouverts d’étranges messages. Des panneaux noirs avec écrit en lettres blanches  : « Les Roumains ne savent pas faire la fête », « Les Roumains n’ont pas d’espoir », « Les jeunes Roumains sont superficiels », « Les Roumains ne sont pas bons au lit » ou encore « Les Roumains n’ont pas d’avenir ». Cette campagne est l’oeuvre d’un site Internet « Astaeromania.ro » (« Ceci est la Roumanie »). Sur la page d’accueil du site, on propose un sondage par région : « Etes-vous optimiste ou pessimiste? » avec un compteur qui indique: « Pour en savoir plus RDV le 7 mars! » Sur certains forums roumains, on s’interroge sur les origines et les buts de cette campagne. Le blog roumain badpolitics.ro la qualifie d’ »agression contre les Roumains » et parle d’une action publicitaire qui viendrait d’une radio locale. Pour le blogueur, Andi Manciu, cette campagne rappelle celle faite par le ministère des Transports dont certaines bannières vantaient les actions avec les messages suivants : « Vous vivez mieux ».  Il faudra attendre le 7 mars pour en savoir plus sur cette mystérieuse campagne…

Nassira El Moaddem

Live from Bucarest : une boule géante comme centre commercial

img0732.jpgLes magasins et boutiques ce n’est pas ce qui manque à Bucarest. Mais un des nombreux « Malls »(comme aime-t-on à les appeler ici)  que compte la capitale roumaine étonne par son architecture. Il s’agit du Afi Palace Cotroceni Mall, le plus grand de Roumanie. Cotroceni est le quartier où il se situe, dans le centre-ouest de la ville. AFI, ce sont les initiales du nom du groupe qui a construit le Mall, AFrica Israël Investment : une compagnie dirigé par le milliardaire israélien, Lev Leviev, présente dans le monde entier, qui opère dans plusieurs domaines (immobilier, construction, énergie, industrie, tourisme, loisirs) et dont la branche construction est cotée à la bourse de Tel Aviv. C’est d’ailleurs ce groupe qui mène le projet de tramway à tel Aviv. En janvier 2010, le quotidien « Copenhagen Post », rapportait que la banque danoise Danske Bank a ajouté le groupe AFI dans la liste des sociétés n’adhérant pas à sa politique d’ « Investissement Socialement Responsable ». Pour l’établissement bancaire, AFi viole le droit international en raison des constructions de logements dans les colonies de Cisjordanie. En 2007, le New York Times consacrait à Lev Leviev un long portrait.

Un centre commercial aux dimensions spectaculaires et au cadre déconcertant : environ 76,000 mètres carrés, près de 300 magasins, un cinéma complexe, 30 restaurants et fast-food, un hypermarché, une patinoire, un mur à escalade, plusieurs salles de jeu….. La charpente métallique qui couvre cette exceptionnelle boule laisse passer la lumière conférant au lieu un cadre très contemporain.

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Nassira El Moaddem

Live from Bucarest : Ring, un gratuit en Roumanie

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Ring est un des deux quotidiens gratuits à Bucarest. Fomat tabloïd. Dirigé par le magnat de l’immobilier Robert Negoita, propriétaire avec son frère Ionut d’une chaîne d’hôtels de luxe. Les deux figurent dans le top 10 des hommes les plus riches de Roumanie. Et accessoirement, parlementaire socio-démocrate. Avant la crise, il existait plusieurs titres de la presse gratuite comme Compact » quotidien d’informations généralistes, sorte de Métro roumain. Mais la majorité des titres gratuits a du mettre la clé sous la porte. Ne restent que « Ring » distribué le maton et La Vérité du Soir.

Live from Bucarest (sous la neige)

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Il a neigé hier dans la capitale roumaine. Ballet d’ouvriers, pelles à l’épaule, dans les rues, pour dégager les trottoirs. Devant les boutiques, les employés s’activent à dégager la neige. Les automobilistes se pressent pour enlever celle qui s’est amoncelée sur les toits de leurs voitures. Gros trafic au centre-ville.

Live from Bucarest. Lire son journal le matin dans le métro


img0597bis1.jpgBucarest. Il a neigé hier dans la capitale roumaine. Recouverte d’un exceptionnel manteau blanc.Métro bondé. Comme dans toutes les grandes capitales du monde. On se pousse gentiment. Ligne 3 du métro. Ici, très peu de monde par rapport aux lignes 1 et 2. On lit son journal, un roman. Prochain arrêt : Unirii pour rencontrer des étudiants roumains et turcs. La suite très vite

Scènes de vie à Al Azhar – مشاهد من الحياة بالأزهر

imga00411.jpgVoilà six mois que je suis partie du Caire. Cette ville folle furieuse, où les pots d’échappement crachent à plein régime et où les lumières ne s’éteignent jamais. Aujourd’hui, l’Egypte frémit. On ignore où cette révolte mènera. On prie pour qu’une nouvelle page s’ouvre. Celle de l’espoir et de la liberté. Amis égyptiens, vous me manquez et bizarrement le Caire aussi. Une ville dont j’ai pourtant haï la violence et le bruit. Aujourd’hui, elle me manque et je ne peux décoller mon visage de l’ordinateur où je vois défiler les images des rues que j’empruntais tous les jours.

En hommage à cette ville tentaculaire, bruyante, poussièreuse, quelques photos scènes de vie. En ouverture, Al Azhar.

Tranches de vie(s) à Al Azhar
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Live from Paris : Grand Ramdam à La Villette (épisode 1)

Paris, Paris, Paris. Ses festivals et ses évènements musico-culturo-politiques comme celui de ce 28 août, où pour rassurer la population islamico-halal, on l’ a arrosée de raï, de quelques petits paquets de dattes distribués entre deux youyous avec en guest-star Frédéric Mitterrand et Fadela Amara, venus rassurer sur leurs bonnes intentions ; oui, nos deux ministres adorent le ramadan, ce mois de partage et de fête, où l’on mange des cornes de gazelle grâce à ces merveilleux voisins maghrébins qui vous offrent plein de gâteaux « orientaux ». Et grâce à  cet évènement organisé par le ministère de la Culture, les Maghrébins de France ont pu se dandiner sur deux trois notes de musique exotique aux frais de l’Etat …

J’y étais au Grand Ramdam. Pas pour nos deux chers membres du gouvernement. Mais pour les vraies vedettes de la soirée. Nas El Ghiwane, le mythique groupe marocain. Jeunes, familles entières, nostalgiques du Maroc des années 70 étaient tous réunis, se pressant devant les portes de la grande salle de la cité de la musique pour espérer être aux premières loges d’un concert qui s’annonçait mythique.

En attendant le concert, et les vidéos que j’ai prises pour les absents et que je publierai prochainement, voici quelques photos de cette journée au Parc de la Villette avec ci-dessous des clichés de la Confrérie tunisienne soufie de Tozeur qui a déambulé dans les allées du parc. (pour mieux voir les photos, cliquez dessus)

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Business des photos de presse dans les camps roms

Dans le campement de Pantin, des médias paient pour avoir des images, créant des tensions et des jalousies entre Roms. Reportage.

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En me rendant dans le campement rom de Pantin, j’étais loin d’imaginer dans quelle misère toutes ces familles vivaient. Avant de venir, j’avais prévenu Isabelle de mon arrivée. Elle appartient au collectif de soutien aux Roms de Pantin et coordonne la mobilisation. Depuis plusieurs jours, elle tente de sensibiliser riverains et habitants de la ville au sort de ces familles. Fatiguée et un peu démoralisée par les évènements récents, elle me fait rencontrer quelques familles. Le comportement de certains médias, couplé aux discours et pratiques sécuritaires du gouvernement, l’a mise en colère.

Arrivée dans le campement de Pantin, j’ai l’impression d’être comme toutes ces caméras qui se sont précipitées ces dernières semaines pour une photo ou quelques images de la misère des bidonvilles. Je ne voulais pas me pointer chez ces familles sans passer par une association ou des gens de terrain qui ont un contact régulier avec elles. Car, malgré le caractère précaire de leurs habitations, les tas d’ordures disposés à l’entrée et l’odeur qui va avec, des familles entières vivent ici. Je ne voulais pas m’introduire chez eux comme je me rends au spectacle.

Le camp de Roms de Pantin se situe à quelques minutes à pied de la gare, au fond de la rue Denis Papin, sur un terrain appartenant à Réseaux ferrés de France. Une décision de justice début juillet les a enjoints de quitter les lieux. Une expulsion est imminente. Les Roms de Pantin vivent avec cette épée de Damoclès sur la tête.

Les baraquements sont disposés le long d’un petit chemin pavé. De part et d’autre se suivent les habitations où vivent plusieurs dizaines de Roms. Mais également un Maghrébin et un Africain, confie Elena, une des Roms, installée à Pantin avec son fils, sa belle-mère et plusieurs autres membres de sa famille. Elena a 26 ans et vit en France depuis trois ans, avec des interruptions fréquentes pour retourner au pays, la Roumanie : « Je n’ai jamais passé l’hiver ici. Les habitations ne sont pas faites pour le froid. On rentre passer l’hiver en Roumanie.»

Elena est maman d’un petit garçon de 3 ans. « Il souffre d’une maladie musculaire rare », explique-t-elle. Elle m’invite dans son logement : une grande pièce à vivre où se retrouve toute la famille et une pièce aménagée en cuisine. A l’entrée du camp, quelques toilettes ont été installées par la mairie : « Ils n’ont été mis en place qu’il y a quelques jours. Cela faisait des mois qu’on les avait demandés », précise Isabelle. Il n’y a pas d’eau courante dans le campement. Aux habitants de se débrouiller pour la récupérer.

A l’intérieur de la « maison » d’Elena, beaucoup d’humidité, des meubles récupérés par-ci par-là, quelques photos accrochées aux murs. Et les rires des enfants des familles voisines qui viennent nous rendre visite. Avec Elena, on parle de la Roumanie, pays que j’ai visité au printemps 2007. Sa belle-mère, allongée par terre, me dit des choses gentilles : « Vous êtes jolie. » L’accueil est chaleureux : « Qu’est-ce que vous voulez boire ? Café, thé, coca ? » Elena, lorsqu’elle ne s’occupe pas de son fils, vend des souvenirs à la Tour Eiffel.

Je rencontre d’autres habitants du campement. Méfiants au début, ils finissent par me proposer des cadeaux. Je décline poliment leur offre. Tout le monde se demande pour quelle chaîne de télévision je travaille. « L’arrivée de plusieurs médias, ça a foutu une pagaille monstre ici », confie Isabelle. Avant de venir sur place, j’avais lu les reportages sur le camp de Pantin. Dont un de Paris Match dont j’ai une copie avec moi.

Je la tends à Isabelle qui, prise dans le tourbillon des activités de soutien, n’avait pas eu le temps de le lire. « Ce papier a créé pas mal de problèmes au sein de la communauté », affirme-t-elle. J’apprendrai plus tard que Paris Match a payé 200 euros pour les photos. Al Jazeera aussi, 50 euros, ainsi que la BBC. « Cela se passe très mal en ce moment sur le terrain… La presse est encore revenue. Cela fout une empoigne entre tous et c’est le bordel. Tu rajoutes qu’ils sont tous persuadés d’être virés avant la fin du mois et tu as une hystérie collective ! », me dira plus tard Isabelle.

Evidemment, sur place, ce sont les plus aptes à parler français et à répondre aux journalistes qui récoltent les fruits de ce business. Ceci n’est pas sans causer des jalousies et des tensions au sein des familles. Je demande à Elena si je peux prendre quelques photos : « Tu as vu ce que tout cela a causé ces derniers temps. Je ne préfère pas. » Seulement voilà, les médias, j’en fais partie. Je prendrai donc une photo aussi, à l’extérieur des baraquements. Sans payer.

Deux cents euros, 50 euros, c’est donc le prix pour montrer à l’Europe entière la misère de ces bidonvilles. Des habitants de nos quartiers que l’on a ignorés toutes ces années, alors même que nous les croisons tous les jours dans le métro, dans la rue… Deux cents euros donc : qui dit mieux ?

Nassira El Moaddem

Billet paru sur le Bondy Blog : cliquez ici

Pyramides : épisode 2

Me voici de retour en France. Depuis désormais deux mois. N’ai pas eu le temps de réfléchir à toute cette année qui vient de s’écouler et dont j’ai essayé de vous donner quelques bribes d’aventures à travers mes photos, mes textos et les quelques vidéos mis en ligne. Je crois que j’aurai encore besoin de quelques temps pour me poser et faire le bilan de ces neuf mois passés au Caire. Il me reste quand même des choses à partager avec vous. Certaines que j’ai voulu publier sur mon blog mais les jours filant à la vitesse de l’éclair, n’avais jamais eu le temps de le faire.

imga0067.jpgVous vous souvenez, j’avais posté sur mon blog la photo de ce vieux monsieur assis sur son chameau, déambulant autour des pyramides de Gizah. Je vous avais promis de revenir plus longuement sur ce site touristique qui attire chaque année des millions de visiteurs. Et comme je vous le disais, le plus intéressant dans les Pyramides, c’est tout sauf …… les Pyramides!!!

J’ai attendu plusieurs mois avant de m’y rendre. La peur d’être déçue je pense. Evidemment quand on est au Caire ou en Egypte pour quelques jours, la visite des Pyramides semble un passage quasi obligé. Quand on y vit pour plusieurs mois, c’est tout autre chose. J’avais repoussé au maximum ce qui représentait pour moi le symbole du tourisme de masse. Les craintes se sont malheureusement révélées bien fondées.

En arrivant sur le site, c’est d’abord de nombreux bus qui vous attendent. Des bus à n’en plus finir. La visite est réglée à la minute près pour les touristes impatients. Pas le temps de discuter, de flairer un peu le quartier. Tout est chronométré. Il fait chaud. La plupart fait le tour des trois pyramides, immortalise l’instant devant ces prouesses pharaoniques, avant de vite rentrer dans les bus climatisés et de rejoindre les hôtels. Seules les personnes en sac à dos, sans contraintes liées aux voyages organisés, poussent la marche un peu plus loin, se fraient le chemin, et se laissent emporter par la foule et l’agitation créée par ce site impressionnant. Impressionnant, il l’est évidemment. C’est une prouesse architecturale que l’on se prend en pleine gueule. Mais difficile pourtant d’être émue. Le site est très peu entretenu. Canettes, sacs plastiques, l’endroit regorge de détritus en tout genre.

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En s’engouffrant et en déambulant autour des Pyramides, je m’aperçois que le site n’est pas pris d’assaut que par les touristes étrangers. Des Egyptiens y viennent se prendre en photo en famille. Mais c’est aussi l’endroit idéal pour les jeunes couples pour se retrouver à l’écart, sur les hauteurs de la ville comme ces deux adolescents rencontrés en m’enfonçant un peu plus loin.

En me baladant, je rencontre ce vieil officier dont j’ai oublié le prénom (qu’il me pardonne). Il y travaille depuis plusieurs années. Lorsque je lui demande ce que ça fait de voir tant d’étrangers en même temps, le monsieur a l’air un peu blasé : « On en voit tellement. On s’est habitués à les voir toute l’année. » Et les filles étrangères habillées de façon….. » Je ne fais même plus attention. Elles font partie du décor maintenant ». Pourtant, des hommes salivant devant ces blondes a moitié dénudées, j’en ai croisés. Et peut-on les blâmer? Travailler sous un soleil de plomb, sans aire d’ombre pour se poser, pour trois francs six sous, et se passer d’un tel spectacle??? Ici les dos nus côtoient les uniformes en laine noire des policiers.

 

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Pour les hommes qui tiennent les lieux, il y a donc les jolies étrangères, et les relations avec les touristes. On n’hésite pas à demander quelques pièces pour un renseignement donné, un chemin indiqué. A baragouiner quelques mots d’anglais, de français, d’italien, histoire d’entretenir le niveau de langue. De leur côté, guides et autres professionnels du site rentrent parfois en conflit avec les touristes pour des tarifs pas respectés, comme cette famille d’ Espagnols, excédée, qui a levé le ton.

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Il y a également le jeu du chat et la souris entre policiers et adolescents Ces derniers montent sur les trois pyramides des Reines (peu élevées)  situées à l’est de la grande Pyramide de Kheops, énervant les policiers, qui impuissants, tentent de les faire redescendre en soufflant sur leur sifflet. Les gamins à peine redescendus, d’autres remontent. Et c’est comme ça toute la journée.

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Et puis il y a les plus jeunes, des classes entières d’élèves de primaires, venues admirer les grandeurs de la civilisation pharaonique, plus impressionnées par les femmes étrangères aux shorts et jupes raccourcis que par les pyramides ! »Hello, what’s your name? », me lance une petite fille au grand sourire. « I love you » me dit un de ses camarades, qui à mon « me too » se cache, timide, derrière ses petits copains!

Reste que le tourisme permet de faire vivre des millions de familles dans ce pays. Sur le site, les vendeurs d’eau fraîche, de petits souvenirs, les conducteurs de calèche et les taxis attendent debout en nombre incalculable sur le chemin de bitume qui mène à la sortie du site.

Voilà les scènes qui rythment la vie autour de ce poumon économique de l’Egypte. Il y aurait encore des milliers d’autres choses à dire, d’autres scènes de vie à raconter. Pour clore ce billet, j’avais envie de vous montrer cette image, celle du Caire, dos aux pyramides, qui rappelle combien ces dernières sont au coeur de la vie, au coeur de la ville. Mais un projet d’aménagement du plateau de Gizah envisage de créer deux entrées distinctes : une pour les touristes au nord, une seconde, éloignée, pour les Egyptiens… Il en faudra plus pour empêcher ceux et celles qui vivent des fruits du tourisme de ne pas entrer en interaction avec les visiteurs…

 

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Méfiez-vous des apparences…..

imga0003.jpgMe voici dans le minibus à prier pour que la climatisation marche. Non que je sois une adepte de l’air conditionné mais quand la température avoisine les 40 degrés et que l’on se trouve dans un transport plein à craquer, on en vient à reconsidérer certains principes… Il est 7h30 du matin. Direction le vent frais, la corniche et les plats de poisson à en perdre haleine d’Alexandrie. Dehors, à quelques mètres à peine de la Gare ferroviaire Ramsès, beaucoup d’agitation. Nous sommes vendredi matin, premier jour du week-end. Tout le monde attend, sous un soleil de plomb, pouvoir embarquer dans n’importe quel bus direction El Iskenderia. Comme cette femme à ma gauche, qui patiente depuis plusieurs minutes qu’un bus arrive. Lorsque j’ai vu l’inscription sur son sac, je n’ai pas pu m’empêcher d’exploser de rire. « Politics is my bag »!! Comme quoi, les apparences sont souvent trompeuses….

 

Pyramides Episode 1

imga0075.jpgC’est un monsieur que j’ai rencontré lors d’une visite aux pyramides de Giza. Il devait avoir au moins 70 ans mais il se tenait droit comme un piquet sur son chameau à qui il parlait comme on le ferait à un compagnon de longue date. En prenant la photo, je me suis dit : « Merde un chameau qui a de plus jolies dents que son propriétaire c’est quand même moche« ! Ca m’a fait rire. Je ne devrai peut être pas mais avouez que le parallèle est cocasse!

La visite des pyramides, tout un programme. J’ai mis du temps avant de décider d’y aller. En vérité, j’ai profité de la visite de ma maman pour l’accompagner. J’ai donc attendu 7 mois avant d’y mettre les pieds. En réalité, je suis plus attirée par la vie bruyante du Caire, de ses souks, de ses quartiers, de ses cafés, que les ambiances musées et touristes. Je vous raconterai cela dans un prochain billet. Mais ce qui est sûr c’est que le plus intéressant aux pyramides, c’est tout ………sauf les Pyramides. A suivre….

Cliché Live from Cairo : Ca se passe comme ça chez l’ami Ronald!

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Rue Talaat Harb, centre-ville du Caire, un samedi soir. Des enfants zebellin qui vident les poubelles de chez Mc Do. Il étaient quatre ce soir-là, haut comme trois pommes à trier les cartons déposés devant le trottoir. Et oui, ca se passe comme ça chez l’ami Ronald‎!

 

Quand on se prosterne devant des mannequins « New Fashion », ça donne ça!

imga0005.jpg   Nous sommes un jeudi après-midi à l’heure de la prière de « Dhor » (mi-journée) dans une des nombreuses galeries commerçantes du centre-ville du Caire. La plupart des hommes que vous voyez en train de prier, ce sont les commerçants des boutiques aux alentours dont vous en apercevez deux vitrines. Des centaines de gallabiyas et autres robes de soirée, aux couleurs toutes aussi flashy les unes que les autres. Et devant ces mannequins inanimés, à chaque prière de la journée, les professionnels du quartier se consacrent à leurs obligations religieuses.

Nassira El Moaddem

Le paradis du sac

 

imga0095.jpgVous vous demandez sûrement ce que sont tous ces sacs à main, de toutes les couleurs, de tous les styles?

Les objets trouvés de la gare du Caire? Non

Mon armoire? non plus (j’ai horreur des sacs à main)

Non, c’est le centre d’accueil de la Bibliothèque d’Alexandrie, où chaque visiteur se doit de poser ses affaires. Ici ce sont les dizaines et les dizaines de sacs déposés par les femmes et les jeunes filles se rendant à la bibliothèque.

Face à face en noir et blanc à Al Azhar

imga0039.jpg C’est une jeune femme que j’ai vue plusieurs fois aux alentours de la mosquée d’Al Azhar. Hier, elle était assise sur le grand tapis qui recouvre le couloir de l’entrée sud. En face d’elle, un chat noir et blanc qui lui ressemblait étrangement. Tous les deux se sont fixés pendant une bonne heure je crois. Le spectacle était assez troublant. On aurait dit que les deux communiquaient réellement.

Virée sur le Nil vers Qanater

imga00811.jpg C’est un cliché que j’ai pris lors d’une balade en bateau sur le Nil direction Qanater, une ville située à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Une destination prisée des Cairotes surtout le week-end et jours fériés. Le voyage dure deux heures. Sur l’embarcation, c’est un festival de couleurs avec les mille modèles de voiles portés par les jeunes filles et un moment pour filles et garçons de se retrouver en amoureux ou entre amis loin de la pression de la capitale. Ici, c’est un cliché qui montre ce petit bout de chou dont l’uniforme m’a hanté pendant quelques jours. A ses côtés son père; au second plan, un couple qui, séparé par un verre de thé, regarde au loin.

 

 

Cliché Live from Cairo : tanks VS manèges

imga00531.jpg Suez, ville égyptienne célèbre pour son canal. Ici au park Moubarak le long de la baie de Suez. La voix de Madame Oum Kelthoum en fond sonore, et des enfants accrochés aux manèges s’amusent face aux tanks du musée militaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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