posts de mars 2011


« Un vent nouveau souffle sur Al Jazira »

terredislamaljazeeraaljazeera.jpgDes visages jeunes, de nouveaux slogans, une présence accrue sur les réseaux sociaux: un vent nouveau souffle sur Al-Jazira depuis le début des révolutions arabes. Si elle bénéficiait d’une large audience et d’une image assez favorable dans le monde arabe, elle cumulait cependant deux principaux handicaps: côté Occident, on l’assimilait à un organe idéologique pro-palestinien et on fustigeait sa diffusion de vidéos envoyées par Al-Qaïda. Et côté arabe, certains regrettaient un ton de plus en plus sensationnel. Nul doute qu’au-delà des bénéfices que les sociétés arabes tireront de ces expressions démocratiques inédites, c’est bien Al-Jazira qui sort victorieuse des événements.

A circonstances exceptionnelles, dispositif exceptionnel. Pour l’occasion, Al-Jazira a revu l’ensemble de ses programmes, tout en soignant l’habillage. Les voix des grands chanteurs arabes comme celles d’Oum Kalsoum et de Sayed Darwish, emblématiques interprètes égyptiens, recouvrent les photos des populations en liesse. De nouveaux slogans apparaissent: au traditionnel «l’opinion et l’opinion contraire», qui avait fait la marque de fabrique de la chaîne, succède un slogan pour chaque révolution: «Egypte: le peuple a vaincu», «Libye: l’effondrement du mur du silence». Des interludes reprenant des témoignages de manifestants entrecoupent les programmes exclusivement dédiés aux révolutions.

Sur le plateau, la chaîne multiplie les invités: politiques, syndicalistes mais également experts nationaux des pays traversés par les contestations. Pour décrypter le soulèvement en Libye, la chaîne reçoit sur son plateau des politologues, des opposants, des syndicalistes, des religieux, voire des psychologues analysant ce qui relève selon eux d’une pathologie de Mouammar Kadhafi. Même le porte-parole de la diplomatie libyenne, Khaled Kaïm, a accordé un entretien téléphonique musclé à la chaîne le 22 février 2011. Dans cette interview de 30 minutes en direct, il a fustigé une chaîne qui n’est pas digne de confiance, manque de professionnalisme et diffuse des images qui ne reflètent pas la réalité. «Si nous sommes si indignes de ce travail, alors pourquoi c’est avec nous que vous parler aujourd’hui?», l’interroge le présentateur vedette Mohamed Krichen. Cet épisode vidéo a fait le tour de la Toile, commenté en continu par les internautes.

Sans oublier les religieux et notamment Youssef el Qardawi, Egyptien de naissance mais déchu de sa nationalité pour appartenance au mouvement des Frères musulmans. C’est lui, une des figures de la chaîne où il anime des émissions religieuses, qui a dirigé la grande prière du vendredi 18 février, une semaine après la chute de Moubarak, sur la désormais fameuse place Tahrir. Lui, qui n’avait pas mis les pieds dans son pays natal depuis 30 ans. Une prière retransmise en direct sur Al-Jazira et des images qui ont fait le tour du monde, dont celles montrant des Egyptiens de confession copte regroupés en cercle autour de leurs compatriotes musulmans.

En masse, les témoins affluent sur la chaîne, la remerciant de leur laisser l’opportunité de raconter ce qu’ils vivent. Ils côtoient les nombreuses vidéos et photos envoyées via Facebook et Twitter et dont l’origine n’est que très rarement authentifiée. Jusqu’à la chute de Ben Ali, Al-Jazira ne disposait pas de bureau à Tunis, en raison de sa censure par le pouvoir local. Cela a obligé la chaîne à utiliser les images en provenance d’Internet. Une décision qui a eu l’avantage de faire émerger de nouveaux visages sur la scène médiatique. Longtemps, Al-Jazira a fait la part belle aux éminentes têtes grises des pays arabes. Depuis deux mois, elle montre plutôt les jeunes militants, les cyber-activistes et les simples citoyens qui se sont révélés durant les révolutions.

En France, les téléspectateurs d’Al-Jazira, souvent la première voire deuxième génération d’immigrés maghrébins, découvrent le visage de cette jeunesse souvent apolitique mais qui se sert de la Toile pour leur soif de changements. L’image d’un «bled» sclérosé par la corruption, l’oligarchie et la violence s’atténue et laisse place à celle d’un pays où un avenir est possible. Possible pour les populations de l’autre côté de la Méditerranée mais également pour les jeunes Français issus de l’immigration. En France, beaucoup d’entre eux ont fondé ou sont membres de comités dédiés à la lutte du peuple tunisien. Certains envisagent même d’y aller pour participer au nouvel élan politique. Car ces révoltes et la couverture qu’Al-Jazira en a fait ont eu pour effet de réaffirmer l’identité arabe de ces jeunes Français dont beaucoup ne parlent pas forcément la langue mais se sentent concernés par les processus démocratiques en cours. D’autant plus qu’une majorité dénonce une montée des discours d’extrême droite et islamophobes en France. Entre 2012 et les révolutions arabes, certains semblent avoir déjà choisi.

Nassira El Moaddem

Papier publié dans le quotidien suisse Le Temps, mercredi 9 mars 2011

Lien Internet pour une partie de l’article : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ff6875d0-4a66-11e0-be28-360b748c23b1/Le_vent_nouveau_dAl-Jazira

 

Live from Bucarest : rencontre avec SkizZo Skillz

Samedi 15h45 au Floor, un club de Bucarest où viennent se produire les week-end jeunes musiciens, humoristes et chanteurs. Dans quelques minutes, rencontre avec SkizZo Skillz, un rappeur roumain orginaire de Timisoara. Je vous en dirai plus dans un prochain billet. En attendant, quelques photos du personnage et une vidéo d’un de ses clips

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Photos : Nassira El Moaddem
Image de prévisualisation YouTube

Live from Bucarest : mystérieux messages publicitaires dans le métro

img1020.jpgLe métro de Bucarest voit ses murs recouverts d’étranges messages. Des panneaux noirs avec écrit en lettres blanches  : « Les Roumains ne savent pas faire la fête », « Les Roumains n’ont pas d’espoir », « Les jeunes Roumains sont superficiels », « Les Roumains ne sont pas bons au lit » ou encore « Les Roumains n’ont pas d’avenir ». Cette campagne est l’oeuvre d’un site Internet « Astaeromania.ro » (« Ceci est la Roumanie »). Sur la page d’accueil du site, on propose un sondage par région : « Etes-vous optimiste ou pessimiste? » avec un compteur qui indique: « Pour en savoir plus RDV le 7 mars! » Sur certains forums roumains, on s’interroge sur les origines et les buts de cette campagne. Le blog roumain badpolitics.ro la qualifie d’ »agression contre les Roumains » et parle d’une action publicitaire qui viendrait d’une radio locale. Pour le blogueur, Andi Manciu, cette campagne rappelle celle faite par le ministère des Transports dont certaines bannières vantaient les actions avec les messages suivants : « Vous vivez mieux ».  Il faudra attendre le 7 mars pour en savoir plus sur cette mystérieuse campagne…

Nassira El Moaddem

Live from Bucarest : une boule géante comme centre commercial

img0732.jpgLes magasins et boutiques ce n’est pas ce qui manque à Bucarest. Mais un des nombreux « Malls »(comme aime-t-on à les appeler ici)  que compte la capitale roumaine étonne par son architecture. Il s’agit du Afi Palace Cotroceni Mall, le plus grand de Roumanie. Cotroceni est le quartier où il se situe, dans le centre-ouest de la ville. AFI, ce sont les initiales du nom du groupe qui a construit le Mall, AFrica Israël Investment : une compagnie dirigé par le milliardaire israélien, Lev Leviev, présente dans le monde entier, qui opère dans plusieurs domaines (immobilier, construction, énergie, industrie, tourisme, loisirs) et dont la branche construction est cotée à la bourse de Tel Aviv. C’est d’ailleurs ce groupe qui mène le projet de tramway à tel Aviv. En janvier 2010, le quotidien « Copenhagen Post », rapportait que la banque danoise Danske Bank a ajouté le groupe AFI dans la liste des sociétés n’adhérant pas à sa politique d’ « Investissement Socialement Responsable ». Pour l’établissement bancaire, AFi viole le droit international en raison des constructions de logements dans les colonies de Cisjordanie. En 2007, le New York Times consacrait à Lev Leviev un long portrait.

Un centre commercial aux dimensions spectaculaires et au cadre déconcertant : environ 76,000 mètres carrés, près de 300 magasins, un cinéma complexe, 30 restaurants et fast-food, un hypermarché, une patinoire, un mur à escalade, plusieurs salles de jeu….. La charpente métallique qui couvre cette exceptionnelle boule laisse passer la lumière conférant au lieu un cadre très contemporain.

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Nassira El Moaddem

Live from Bucarest : Ring, un gratuit en Roumanie

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Ring est un des deux quotidiens gratuits à Bucarest. Fomat tabloïd. Dirigé par le magnat de l’immobilier Robert Negoita, propriétaire avec son frère Ionut d’une chaîne d’hôtels de luxe. Les deux figurent dans le top 10 des hommes les plus riches de Roumanie. Et accessoirement, parlementaire socio-démocrate. Avant la crise, il existait plusieurs titres de la presse gratuite comme Compact » quotidien d’informations généralistes, sorte de Métro roumain. Mais la majorité des titres gratuits a du mettre la clé sous la porte. Ne restent que « Ring » distribué le maton et La Vérité du Soir.

Live from Bucarest (sous la neige)

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Il a neigé hier dans la capitale roumaine. Ballet d’ouvriers, pelles à l’épaule, dans les rues, pour dégager les trottoirs. Devant les boutiques, les employés s’activent à dégager la neige. Les automobilistes se pressent pour enlever celle qui s’est amoncelée sur les toits de leurs voitures. Gros trafic au centre-ville.

Live from Bucarest. Lire son journal le matin dans le métro


img0597bis1.jpgBucarest. Il a neigé hier dans la capitale roumaine. Recouverte d’un exceptionnel manteau blanc.Métro bondé. Comme dans toutes les grandes capitales du monde. On se pousse gentiment. Ligne 3 du métro. Ici, très peu de monde par rapport aux lignes 1 et 2. On lit son journal, un roman. Prochain arrêt : Unirii pour rencontrer des étudiants roumains et turcs. La suite très vite

Appel à la démission de Hakim El Karoui

Hakim El Karoui toujours sous pression. Le site oumma.com a lancé une pétition appelant à sa démission en qualité de Président de l’Institut des Cultures d’Islam nommé par le maire de Paris Bertrand Delanoë en mai 2010 :

« Nous exigeons la démission d’Hakim El Karoui du poste de Président de l’ICI, ainsi que des excuses publiques au peuple tunisien pour son soutien au régime de Ben Ali. »

Hakim El Karoui multiplie les casquettes : banquier chez Rostchild, et ancienne plume de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, mais également membre du Conseil d’administration d’Orange Tunisie, entreprise dirigée par Marwan Mabrouk, gendre de Ben Ali.  En octobre 2010, il répondait aux questions du site Internet, Saphirnews.com sur sa nomination à la tête de l’établissement parisien :

« L’Institut des cultures d’islam n’est pas si jeune puisqu’il existe depuis maintenant près de 5 ans. La nouveauté, c’est son statut juridique : l’ICI est, en effet, depuis quelques mois, devenu une association de loi 1901. C’est à cette occasion que le maire de Paris m’a proposé d’en prendre la présidence. »

Sauf que depuis de l’eau a coulé. Mediapart révélait le 8 février 2011 que Hakim El Karoui avait donné quelques conseils en communication à Mohamed Ghannouchi, premier ministre tunisien aujourd’hui démissionnaire, mais qu’il avait également conseillé Ben Ali, quelques jours avant son départ, en pleine répression des manifestants :

« Mediapart s’est en effet procuré deux notes d’une page signées de la main d’Hakim El Karoui et adressées à «Son Excellence Ben Ali» Le banquier, fondateur du très sélect cercle de jeunes dirigeants Club XXIe siècle, y prodigue quelques conseils pour gérer la crise, alors même que le régime est en train de vivre ces derniers jours. La première est datée du 12 janvier. La seconde a été écrite le 14 au matin, quelques heures à peine avant la fuite du dictateur.»

Des informations que le journaliste de Libération, Christophe Ayad, avait déjà données le 5 février 2011 mais dans l’incapacité de les vérifier :

« Hakim al-Karoui, brillant banquier franco-tunisien et ancienne plume de Jean-Pierre Raffarin, est aperçu à Tunis. Des documents – dont la véracité est impossible à vérifier – circulent, attestant de ses conseils pour sauver Ben Ali. Aujourd’hui, Karoui, directeur à la banque Rothschild, conseille le Premier ministre de transition, Mohamed Ghannouchi, avec qui il a tissé des liens de longue date.»

Pour Saphirnews, « les agissements de M. El Karoui sont contraires à notre vision de la morale et de l’éthique politique. Ses actes dénotent une compromission avec un pouvoir corrompu et violent, et trahissent la lutte exemplaire de la jeunesse tunisienne. Ils sont totalement incompatibles avec l’exercice de responsabilités au sein d’un Institut qui a vocation à permettre l’affirmation d’un Islam empreint des valeurs de dignité, d’éthique, de justice et de liberté. »

Jusqu’à maintenant, cinq personnalités ont répondu à l’appel :

Mohamed Abbou, avocat tunisien détenu dans les geôles tunisienne sous la dictature de Ben Ali et défenseur des droits de l’homme,

Raphaël Liogier, directeur de l’Observatoire du religieux

Myriam Marzouki, metteur en scène, professeur de philosophie

Nahla Chahal, sociologue, professeur associé à l’université Saint-Esprit de Kaslik, à Beyrouth, et chroniqueuse au quotidien Al Hayat de Londres

Nadia Marzouki, Chercheuse en sciences politiques sur l’islam

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