posts de février 2011


En Iran aussi, on veut (sa) nouvelle révolution

Pour ceux qui n’ont pas suivi les évènements qui se sont déroulés, hier en Iran, voici un petit résumé… Cliquez ici
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Débat sur l’islam de France : Chalghoumi VS Bencheikh

D’un côté, Hassen Chalghoumi; à sa droite, Ghaleb Bencheikh. D’un côté,  l’imam de Drancy, coqueluche des médias français, qualifié par Le Point dans un de ses numéros, d’ »imam pas comme les autres« ; de l’autre,  le présentateur de l’émission Islam diffusée les dimanches matins sur France 2 et fils de l’ancien recteur de la mosquée de Paris.

Réunis lors d’une table ronde sur l’islam de France, organisée par le Maghreb des Livres, Ghaleb Bencheikh et Hassen Chalghoumi, assis côte à côte, ont montré à l’audience ce jour-là ce qui les oppose. Certains citeront pour exemple, le style, d’autres le charisme. Mais c’est avant tout sur une idée précise que leurs opinions divergent ; à savoir comment parler de l’islam en public…. Interrogé en ce sens, Hassen Chalghoumi raconte son expérience de médiateur à la RATP : des chauffeurs de bus qui refusent de serrer la main de femmes, certains qui cessent de travailler pour faire leur prière. « Une mauvaise compréhension de l’islam, » selon lui. Ce à quoi Ghaleb Bencheikh livre son « affliction » quant aux « considérations soulignées par Chalghoumi »…et dit être « consterné » que l’Islam en soit « réduit à cela »… Pour la suite, c’est ici….

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Nassira El Moaddem

Table-ronde « Islam de France » – Maghreb des Livres- samedi 5 février 2011 avec Farid Hannache, Ghaleb Bencheikh, Hassen Chalghoumi, Youssef Seddik

Au Caire, sauver sa peau

s2201015172542.jpgJ+365. Il y a un an, je passais tous les jours à la même heure devant la Place Tahrir. Elle était alors inconnue du grand public. Aujourd’hui, elle est le point névralgique des affrontements du Caire. D’ordinaire, la place Tahrir accueille les pique-niques du week-end, des matchs de football et les roucoulades de jeunes couples amoureux. Les baisers donnés à la volée et les baignes des petites bagarres. Autour d’elle, sur la longue rue Qasr el Ainy, devant le grand bâtiment administratif Mugama’a et autour du métro Sadate, les policiers s’ennuient à faire les cent pas pour un salaire de misère, enroulés dans des uniformes souvent bien plus grands qu’eux.

Il y a quelques jours, les images du pont Qasr El Nil qui relie la place à l’Opéra du Caire le rendaient méconnaissable. D’ordinaire, à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit, vous y trouvez des jeunes y respirer l’air, le nez au-dessus du Nil. En fin de semaine, les jeunes mariés viennent immortaliser l’instant, tour de l’Opéra, fleuve et fellouques en guise de décor.

Depuis trois semaines, ce paysage fige nos écrans. Pourtant, tous les observateurs qui connaissent bien l’Egypte savent depuis longtemps que le pays devait à un moment ou un autre exploser. D’ailleurs avec une population de plus de 80 millions d’habitants, sa misère de masse, son chômage déroutant et sa corruption banalisée, on se demande comment le pays a pu tenir aussi longtemps. C’est la  réflexion que je me suis faite tout au long de mon séjour en Egypte : des professeurs d’université rémunérés une misère, des étudiants obligés de payer des enseignants de l’école publique pour des cours privés, des élèves qui achètent leurs diplômes, des fonctionnaires contraints d’occuper un autre emploi (chauffeur de taxi la nuit, commerçant…) pour espérer survivre… Des exemples comme cela, j’en ai à la pelle.

En réalité, ce sont le nationalisme et la propagande qui ont tué l’Egypte. Et c’est contre eux que des millions de jeunes, des militants, des activistes et des syndicalistes se battent depuis des années. Le discours de Hosni Moubarak en a été la preuve édifiante : se présentant une énième fois comme le père de la nation, jouant sur la corde sensible de son attachement à un pays dont l’histoire est plus longue que celle de tous les Etats occidentaux réunis. Il faut assister aux cours dans les universités égyptiennes, lire les commentaires dans la presse gouvernementale pour se rendre compte de la puissance du discours nationaliste dans les esprits des décideurs.

Un nationalisme qui passe évidemment par les mailles du PND, la formation politique présidentielle dont le fils, Gamal, a pris le contrôle. Un parti qui n’a pas hésité à payer de nombreux Egyptiens, affamés, inquiets de l’avenir du pays, soucieux de nourrir leur famille pour occuper les rangs des manifestants surnommés « Pro-Moubarak », aux côtés des policiers habillés en civil. Les véritables « pro-Moubarak », ceux qui bénéficient des rentes de l’économie, ceux qui sont à la tête des entreprises publiques, ceux qui profitent des largesses du régime, ceux-là vous ne les voyez pas. Ceux-là se gardent bien de risquer de perdre ce dont ils bénéficient. Ceux-là sont cachés entre leurs résidences secondaires de Charm El Cheikh et les capitales européennes et américaines. Ceux-là n’iront pas se frotter à la population qu’ils méprisent par ailleurs et emploient, en échange d’une poignée de guinnées, pour leurs services du quotidien. Ceux présentés comme les pro-Moubarak ne sont que ceux qui ont l’estomac vide et la peur au ventre. La dimension politique les dépasse. Une seule idée les occupe : sauver leur peau.

Nassira El Moaddem

Article paru sur le Bondy Blog : cliquez ici

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