posts de mai 2010


Pyramides Episode 1

imga0075.jpgC’est un monsieur que j’ai rencontré lors d’une visite aux pyramides de Giza. Il devait avoir au moins 70 ans mais il se tenait droit comme un piquet sur son chameau à qui il parlait comme on le ferait à un compagnon de longue date. En prenant la photo, je me suis dit : « Merde un chameau qui a de plus jolies dents que son propriétaire c’est quand même moche« ! Ca m’a fait rire. Je ne devrai peut être pas mais avouez que le parallèle est cocasse!

La visite des pyramides, tout un programme. J’ai mis du temps avant de décider d’y aller. En vérité, j’ai profité de la visite de ma maman pour l’accompagner. J’ai donc attendu 7 mois avant d’y mettre les pieds. En réalité, je suis plus attirée par la vie bruyante du Caire, de ses souks, de ses quartiers, de ses cafés, que les ambiances musées et touristes. Je vous raconterai cela dans un prochain billet. Mais ce qui est sûr c’est que le plus intéressant aux pyramides, c’est tout ………sauf les Pyramides. A suivre….

Cliché Live from Cairo : Ca se passe comme ça chez l’ami Ronald!

2656835171510345376084345346387534515179n.jpg

Rue Talaat Harb, centre-ville du Caire, un samedi soir. Des enfants zebellin qui vident les poubelles de chez Mc Do. Il étaient quatre ce soir-là, haut comme trois pommes à trier les cartons déposés devant le trottoir. Et oui, ca se passe comme ça chez l’ami Ronald‎!

 

« Plus personne ne dort sur le trottoir »

img0857copycropdisplay.jpgDepuis des mois, les trottoirs qui longent les bâtiments institutionnels de la capitale sont occupés par des travailleurs en colère. En février dernier, je vous avais parlé, dans un de mes billets, de la protestation des ouvriers d’une usine textile de Tanta, qui faisaient sit-in devant la Présidence du Conseil des Ministres. Idem pour le trottoir du Conseil Consultatif (Majlis A-Shourah) situé sur une artère principale du centre-ville du Caire, qui a lui accueilli ces derniers mois des centaines d’ouvriers venus également manifester leur colère. Tous protestaient contre le non versement par leurs entreprises de plusieurs mois de salaires. Selon un récent rapport réalisé par l’Observatoire ouvrier égyptien, déjà 45 sit-in auraient été réalisés depuis le début de l’année.

Les ouvriers des usines « Amonesto » et « Mobaria », occupant le trottoir du Conseil Consultatif, n’ont pas eu l’issue « plus ou moins heureuse » des salariés de Tanta, qui quelques semaines avant, avaient réussi, à obtenir certaines indemnisations. Il y a deux jours, ils ont été évacués par les forces de sécurité du trottoir où ils avaient élu domicile. Pourquoi maintenant? Parce que le Premier ministre kenyan Raila Odinga venait en visite officielle au Caire et que la vue d’ouvriers amassés à deux pas de la présidence du Conseil des Ministres aurait fait tâche. Quelques jours avant, les manifestants avaient levé le ton pointant du doigt le silence des autorités devant leur situation. Certains s’étaient couchés à même le sol tandis que d’autres brandissaient leurs pancartes au cri de « Hukkuma Haramya » (Le gouvernement, ce voleur). Quelques heures plus tard, ils étaient dégagés manu militari.

Ce matin en allant en cours, le trottoir qui longe le Conseil Consultatif était vide. Pendant plusieurs semaines, nous nous étions (malheurs2201015172542.jpgeusement) habitués à voir ces ouvriers camper jour et nuit, dans des conditions difficiles. Des hommes, âgés entre 30 et 60 ans, la mine fatiguée, autour d’eux éparpillés par terre des morceaux de pain rassis, avec en guise de lit quelques couvertures étendues sur le sol. Accrochés aux barreaux de la clôture qui entoure le Conseil, des dizaines de sac en plastique contenant leurs effets personnels. Sur un des arbres qui longe le trottoir était suspendu un épouvantail portant une pancarte autour du cou où l’on pouvait lire : « العمل = الاعدام » « le travail = la peine de mort ». Face aux ouvriers, des policiers,  aux traits tout aussi fatigués, jeunes, parfois très jeunes, qui 24/24 encerclaient les manifestants derrière des barrières de sécurité.

Ce matin le journal indépendant Al Masry el Youm publiait cette photo en Une avec pour titre:

photoaspx.jpg

لا أحد «ينام» على الرصيف »

(Plus personne ne dort sur le trottoir)

Un titre qui tombe un peu à plat étant donné la photo :pas un ouvrier mais un policier……… qui dort !

 

 

(Crédits photos : Al Masry el Youm)

Drague au Caire…. nerfs à vif!

 -- Cliquez pour voir l'image en entier

Quand on est une femme, on a de quoi être en colère contre le Caire. Y marcher, y faire ses courses, s’y promener, bref sortir relève souvent du parcours du combattant. Je vis désormais dans la capitale égyptienne depuis presque huit mois et pourtant je ne m’y habitue pas. Des regards collants que vous arrivez presque à palper, aux mains baladeuses dans les transports en commun. Du type qui se frotte à vous dans la rue alors que le trottoir est aussi large qu’une voie d’autoroute, aux mots sensés être doux et qui résonnent en vous comme autant d’insultes que l’on vous crache en pleine figure : « Miel », « ma jolie », « viens par ici ma fille ». Ces expressions de la rue de tous les jours je les ai en horreur.

Et il n’y a pas que les blondes aux yeux bleus qui ont le droit à ce traitement. Pour subir ce genre d’humiliation, être de sexe féminin suffit. Avoir 60 ans, porter un voile ou un niqab, être accompagné de son compagnon, de son mari, d’amis : rien ne freine ces excès de libido. C’est le quotidien des femmes du Caire. J’habite à quelques minutes du centre-ville. Le trajet que j’effectue tous les jours entre mon domicile et la fac est loin d’être une partie de plaisir. A 8 heures du matin, les hormones de certains sont déjà en ébullition. Un jour, alors que je me rendais en cours, arrivant à hauteur de la place Tahrir, un des points névralgiques de la capitale, un type s’approche de moi à la vitesse de l’éclair. Il est venu, m’a touchée, a eu son petit quart d’heure américain, son sourire vicieux puis est reparti comme si de rien n’était. Dans ce genre de situation, vous ne comprenez pas pourquoi vous ne faîtes rien, pour quelles raisons vous restez immobiles alors que la rage vous dévore. Vous vous détestez de ne pas avoir su comment réagir, de ne pas vous être révoltée.

En réalité, la scène dure à peine quelques secondes et arrive sans que vous n’y soyez préparée. Et puis que faire? Une autre fois, je me suis mise à crier et j’ai poussé violemment celui qui s’approchait pour me toucher. L’homme très mal à l’aise s’est vite retourné et a fait demi-tour. En guise de réaction, j’ai eu l’audace de croire que le policier qui se trouvait tout près de moi allait pouvoir m’aider. C’était sans compter que lui aussi « avait faim » et qu’en allant le voir il allait me regarder comme un vulgaire bout de viande. C’est un peu ça le sentiment ici, d’être une charogne sur patte, l’objet ambulant de leurs désirs sexuels. Imaginez-vous marcher dans la rue et en voir certains se gratter les parties intimes pendant qu’ils vous regardent passer. Ou encore ce jour où, me promenant avec une amie, nous entendons sortant de la bouche de deux hommes que nous devançons : « Par devant ou par derrière ? » A vous en donner la nausée.

Je parle du Caire mais des histoires à peu près semblables j’en ai vécu dans d’autres villes du monde arabe en Syrie ou au Maroc par exemple. Et, on pourrait parler longtemps de la drague lourde de certains hommes en France, des harcèlements sexuels qui ont cours dans le monde professionnel. L’Europe n’est évidemment pas exempte de ce genre de comportements à l’adresse des femmes. Mais ici, au Caire et notamment dans certains quartiers, le phénomène drague (« mo3akassa ») est inscrit dans le quotidien, devenu banal, normal, une sorte de jeu aussi auquel se livre les hommes fatigués d’un quotidien morose et d’une absence d’avenir.

Ce n’est pas encore du harcèlement (« taharuch ») même si pour certaines la frontière entre les deux n’est pas si opaque. « Lorsqu’à chaque fois que vous sortez de chez vous, pour vous rendre à n’importe quel endroit, vous devez essuyer les sifflements et les propos obscènes de certains hommes, je pense qu’on est pas loin du harcèlement », me confie Rim, étudiante à l’Université du Caire.

Mais voilà il faut se protéger. Vous vous mettez alors sur la défensive, adoptez une attitude volontairement agressive. Depuis j’ai développé un sens visuel hors du commun : mes radars détectent à distance ceux qui s’aventureraient à s’approcher de moi. Au point parfois peut-être de sombrer dans la paranoïa. Devoir faire tout ce cinéma, m’emmerde, ce n’est pas vous mais au fond on s’en fout, faut se blinder. Je ne compterai pas le nombre de fois où je me suis arrêtée pour insulter celui qui s’amenait vers moi pour tenter quelque chose. Ici, les hommes ont très peu l’habitude que les femmes réagissent en pleine rue.

Du coup, lorsque vous vous retournez pour réagir contre celui qui vient à peine de vous frôler ou de vous lancer je ne sais quel regard obscène ou remarque indécente, et que vous osez lui rappeler son attitude immonde, à 95% des cas vous êtes sûrs que le type va tourner la tête et vous répondre : « Mais c’est pas toi que je regardais. Je parlais à mon ami. » Autant vous dire que la réponse n’aide pas à refroidir vos nerfs. D’abord, on vous atteint dans votre dignité et en plus on se fout ouvertement de vous. Double peine. Et de lui répondre, un peu impuissante, mais de toutes mes forces, un « kelb » (sale chien) sorti du fond du cœur avant de repartir en maudissant la terre entière d’être une femme.

Finalement, j’en suis arrivée à me demander si réagir servait bien à quelque chose. Je ne peux m’empêcher de le faire, c’est plus fort que moi. Je n’ai pas envie de donner l’impression que tout cela est naturel, normal. Et en même temps, je n’y gagne rien : suis énervée, gaspille mon énergie et les gens me prennent pour une folle ! Je comprends de plus en plus celles qui ici font  comme si elles n’entendaient rien. On en vient même à apprécier les rames de métros réservées aux femmes.

En arriver là, obligé de séparer les sexes pour éviter tout débordement est un affreux constat d’échec. Ceux qui prêchent les vertus de la mixité, moi la première, auront vite compris qu’ici, il s’agit d’une nécessité qui va au-delà d’une question de confort. Depuis quelques mois se développent des lieux et des modes de transports réservés aux femmes : comme ces nouveaux taxis conduits par des chauffeurs de taxis femmes censés apporter une solution au problème. Reste que pour la majorité des Egyptiens, et donc des femmes, le taxi est un transport coûteux et que les seules alternatives bon marché, celles des bus et minibus bondés, sont largement propices à la promiscuité.

Alors, évidemment, on peut imaginer les raisons d’une telle situation : la frustration sexuelle, le chômage, la crise du logement qui rendent difficiles le mariage des jeunes hommes et retarde encore plus leur vie sexuelle, l’oppression sociale, l’absence de lendemain… En attendant, les associations locales se battent tandis que les autorités semblent faire mine de ne rien entendre. En témoigne une déclaration de Suzanne Moubarak, l’épouse du président qui affirmait en 2009 au journal gouvernemental Al Ahram : « Le harcèlement sexuel ne peut pas être considéré comme un phénomène à cause de quelques incidents isolés. » Circulez donc, y a rien à voir. Très bien, mais si au moins on pouvait circuler tranquillement…

Nassira El Moaddem (Le Caire)

Article publié sur le Bondy Blog : cliquez ici

Quand on se prosterne devant des mannequins « New Fashion », ça donne ça!

imga0005.jpg   Nous sommes un jeudi après-midi à l’heure de la prière de « Dhor » (mi-journée) dans une des nombreuses galeries commerçantes du centre-ville du Caire. La plupart des hommes que vous voyez en train de prier, ce sont les commerçants des boutiques aux alentours dont vous en apercevez deux vitrines. Des centaines de gallabiyas et autres robes de soirée, aux couleurs toutes aussi flashy les unes que les autres. Et devant ces mannequins inanimés, à chaque prière de la journée, les professionnels du quartier se consacrent à leurs obligations religieuses.

Nassira El Moaddem

Le paradis du sac

 

imga0095.jpgVous vous demandez sûrement ce que sont tous ces sacs à main, de toutes les couleurs, de tous les styles?

Les objets trouvés de la gare du Caire? Non

Mon armoire? non plus (j’ai horreur des sacs à main)

Non, c’est le centre d’accueil de la Bibliothèque d’Alexandrie, où chaque visiteur se doit de poser ses affaires. Ici ce sont les dizaines et les dizaines de sacs déposés par les femmes et les jeunes filles se rendant à la bibliothèque.

promos viandes |
actuplanet |
chlochlodu77 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | blogbladi
| sofianelebossdu0120041995
| LA GUILDE DES RIRES