posts de février 2010


El Baradeï : « Non je ne suis pas le sauveur de l’Egypte »

Vous n’êtes sûrement pas sans savoir que les élections présidentielles de 2011 occupent une grande partie du débat médiatique actuel en Egypte. Baradeï en super héros de retour dans sa patrie après un » exil nucléaire » de 12 ans à Vienne comme directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Il fallait voir le nombre de pages , d’émissions de télé de radio, consacrées au retour de l’enfant prodige du pays.

images.jpgEl Baradei a même mis en place une « Coalition Nationale pour le changement » composée d’intellectuels et de politiques de l’opposition ». Objectif affiché : œuvrer pour des élections libres et des amendements constitutionnels, mettre en place un contrôle international des élections, permettre à quiconque qui le souhaite de se porter candidat… Un programme qui a fait réagir plus d’un des partisans du changement qui mettent en garde El Baradei contre un trop plein d’optimisme : «Le régime n’accédera jamais à cette demande», a affirmé Mohammed Habib, membre des Frères musulmans, principal groupe d’opposition, à Al-Masri Al-Yom.

En attendant, depuis son retour, Mohamed El Baradei multiplie les interviews télévisées dans les émissions égyptiennes les plus populaires. Et n’hésite pas à pointer du doigt le régime actuel. Son message presque prophétique : « Si vous voulez que je vous aide à changer le pays, alors aidez-nous et participez au mouvement. Je ne suis pas votre sauveur, l’Egypte ne peut que se sauver elle-même »a -t-il déclaré à la célèbre journaliste égyptienne Mona El Chazly, présentatrice du talk-show « Al Ashira Masa’an »( 22heures le soir) sur la chaîne Dream TV2. (Pour les arabophones qui souhaitent regarder l’interview : c’est ici)

Dans un épisode de l’émission d’Al Jazeera English, « Inside story » consacré à l’éventuel avenir présidentiel de Baradeï, ce dernier a déclaré :  » Quand on me demande de participer à l’avenir de mon pays, il m’est impossible de refuser. Je suis né Egyptien, je vis Egyptien et je mourrai Egyptien ». Voici ci-dessous la vidéo d’Al Jazeera English , un peu longue, je l’accorde mais qui a le mérite d’exposer clairement et mieux comprendre le débat.

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Pourtant, pour la presse gouvernementale et les pro PND (Parti National Démocratique au pouvoir), Baradeï n’est qu’ un Etranger qui a vécu toute sa vie en dehors de l’Egypte et qui n’aurai aucune légitimité à en vouloir prendre les rênes. Ses chances sont minimes au vu de la constitution actuelle qui stipule que les candidats doivent  soit présider un parti reconnu, soit s’ils sont indépendants réussir à obtenir l’appui de 250 élus, dont au moins 65 membres de l’Assemblée nationale, 25 du Conseil consultatif (Majliss Achoura) et au moins 10 élus municipaux. Difficile quand on sait que la majorité de ceux-ici sont dominés par le PND.

Amr Moussa, l’actuel secrétaire général de Ligue Arabe, que l’on comptait comme l’un des potentiels candidats à la présidence, semble aujourd’hui se placer derrière le mouvement lancé par El Baradeï. Idem pour Ayman Nour, le président du parti Al Ghad (Le lendemain), ancien opposant aux élections de 2005 et qui a déclaré « ne pas se présenter si El Baradeï se porte candidat ».

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Voici la caricature mise en ligne par Al Masry Youm. Sur la photo, à gauche, Mohamed El Baradeï, à droite, Ayman Nour, au centre Hamdin Sabahi, avocat et président du parti d’oppositon Al Karama (La considération). Les trois se sont rencontrés mercredi 24 lors de l’annonce de la création d’une Coalition Nationale pour le Changement.

Traduction: « Si vous aimez tous l’Egypte, soyez alors une seule et même équipe. Peu importe qui parmi vous gagnera les élections; l’essentiel c’est que ce soit l’Egypte qui gagne!« 

 

Après deux semaines, fin du sit-in et de la grève pour les salariés de Tanta

Ils ont des mines fatiguées. La plupart sont assis sur des bouts de carton emmitouflés dans des couvertures de fortune. Leurs sacs plastiques pendent sur les branches2201015172542.jpgs des arbres qui longent la rue Majlis A Chhab où ils ont élu domicile depuis plus deux semaines. Eux ce sont les salariés de l’usine de textile de Tanta dont je vous avais parlé dans un billet précédent. Face à eux, de jeunes policiers, postés derrière des barrières de sécurité, plus nombreux que la fois dernière, matraques accrochées sur le côté de leurs uniformes et casques vissés sur la tête. En face, côté présidence du conseil des ministres, trois camions de militaires prêts à intervenir à tout moment. Partout des policiers en civil, talkie walkie devant la bouche, faisant les cent pas devant les manifestants.

Après deux semaine de sit-in et plus d’un mois et demi de grève, les salariés de l’usine de Tanta ont mis fin à leur mouvement après l’annonce par la ministre du travail, Aisha Abd El Hady du paiement des salaires de janvier et de février et la revalorisation des montants des retraites anticipées. Cette annonce a été faite au lendemain d’un débat parlementaire sur la crise de l’usine de Tanta. Une discussion qui s’est transformée en échange d’insultes et bagarre entre le député du Parti National Démocratique, Ahmed Choubir et un député Frères Musulmans, Yousri Bioumi. (cliquez ici pour voir la vidéo).

Ptantamanif1.jpgendant ce temps, les salariés de l’usine s’étaient rassemblés devant l’Assemblée du Peuple, priant le long du bâtiment, certains pleurant ,d’autres réclamant l’intervention du président en scandant : « Oh Moubarak, dis-nous qui va nous rendre nos droits »? («يا مبارك قولّنا مين هيرجع حقنا».)

Ce soir ce sont donc cinq bus qui sont ainsi venus récupérer les salariés de l’usine, direction Tanta. Reste que certains d’entre eux ont fait part à la presse de leurs doutes quant au respect des engagements pris par le gouvernement, certains accords des conflits précédents n’ayant pas été suivis des faits.

Je vous rassure : mon mari va très bien (zay elfoul)!!!

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En feuilletant les pages du journal égyptien Masry El Youm ce matin, je suis tombé sur une petite nouvelle assez drôle. Vous vous souvenez des avertissements couleur locale sur les paquets de cigarette qui alertent des dangers du tabac sur les relations conjugales? Et bien une contre-campagne en réaction à ces avertissements jugés un peu ringards a été lancée par des internautes sur le réseau social Facebook. Les « rebelles » ont ainsi opté pour une photo plus rock’n roll et un slogan dont vous apprécierez le ton humoristique : « Je vous rassure : mon mari va très bien » (« zay el fol » littéralement « comme du jasmin », expression communément utilisée en Egypte pour dire que tout va bien).

La petite histoire ne dit pas si ce sont des Egyptiens lambda qui se cachent derrière la campagne, fatigués de se voir réduits en fumeurs impuissants ou bien si c’est le lobby du tabac qui s’en prend, derrière des allures de campagne « moderne »  à des avertissements gouvernementaux qui vont à l’encontre de leurs intérêts…

(Pour les arabophones, voici l’article en question sur le site internet de Masry El Youm).

Autour de la synagogue Sha’ar Hashamayim hier soir, comme si de rien n’était…

C’est un bâtiment que j’ai aperçu très vite à mon arrivée au Caire. La synagoque Sha’ar Hashamayim est située en plein coeur du centre ville de la capitale égyptienne. Quand vous découvrez le West el balad et que vous aimez vous balader, impossible de la louper : un grand bâtiment gris, haut et massif qui se trouve sur la rue Adly à quelques mètres à peine de l’artère principale du centre, la rue Talaat Harb. Hier soir encore, en allant dîner avec des amis, l’endroit était à peu près aussi calme que les fois dernières. Tranquille et entouré d’un habituel cordon de sécurité.

992.jpg Pourtant, un évènement particulier a agité la rue Adly dimanche matin. Selon les premiers éléments de l’affaire, vers 6h30, un homme aurait lancé du haut du 4e étage de l’hôtel Panorama, situé en face de la synagogue, un sac plastique (ou une valise selon les sources…) contenant un explosif en direction du temple juif. La bombe artisanale aurait atterri sur le trottoir de la synagogue sans causer ni dégâts ni victimes. L’homme a fui laissant derrière lui selon la police les traces de son passage : des vêtements et des objets personnels que contenaient le sac.

Dans les journaux, chacun y va de son qualificatif : bombe artisanale, explosion, voire attentat pour certains. Le quotidien indépendant égyptien Al Masry Al Youm, va jusqu’à parler de terrorisme.  Paradoxalement (ou pas), dans tout ce que j’ai lu, c’est le journal de gauche israélien, Ha’aretz, qui prend un peu plus de pincettes : selon lui, pas certain pour l’instant que la synagogue ait été la cible de l’incident… Alors que lefigaro.fr, reprenant la dépêche de l’AFP, titre de son côté de manière alarmiste : « Une synagogue attaquée au Caire« .

Autour du temple juif hier soir, rien n’indiquait qu’un incident pareil avait eu lieu : certes les policiers étaient présents en nombre mais pas plus que d’habitude. La synagogue Sha’ar Hashamayim, construite en 1899 est utilisée pour les offices religieux juifs notamment par les diplomates israéliens. Mais la communauté juive égyptienne, que l’on recensait à environ 80 000 personnes avant 1949 n’est estimée aujourd’hui qu’à quelques centaines d’âmes dans tout le pays.

May Nasr en concert à Al Azhar Park

Voici une voix que j’ai découverte ici au Caire. Celle de la chanteuse libanaise, May Nasr. Ecoutez c’est un petit bijou.

 

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(Vidéo : Nassira El Moaddem – Pour retrouver la vidéo sur You Tube, c’est ici.)

Louxor, épisode 1 : rencontre avec Ahmed, 16 ans

Episode 1 à Louxor, en Haute-Egypte. J’ai fait la connaissance d’un adolescent de 16 ans peu passionné par ses études d’agriculture. Il travaille comme garçon de main dans une usine. Et s’en sort comme il peut.

 --  Cliquez pour voir l'image en entier

Me voilà rentrée de Louxor, ville du sud égyptien, l’ancienne Thèbes, connue pour ses trésors de l’Egypte pharaonique, ses archéologues occidentaux chapeaux d’Indiana Jones vissés sur la tête, ses bus de touristes, son armada de bateaux de croisière amarrés sur les rives du Nil. Là-bas, c’était un petit peu le paradis. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Non que la capitale égyptienne me fasse à ce point souffrir. Mais c’est assez agréable de faire une pause klaxons à 10 000 décibels et de se débarrasser pour quelques jours de la fumée de gazole qui pollue les narines.

Dans le quartier où j’avais élu domicile, sur la rive ouest du Nil, on entendait les oiseaux gazouiller, les gens se promenaient tranquillement à vélo (chose impensable au Caire) et l’on pouvait traverser la chaussée sans risquer sa vie. Les tagines proposés par les gargotes égalaient presque ceux de ma maman. Et, ô miracle ! de la verdure partout dans la ville. Des champs de canne à sucre éparpillés autour de la cité, des plantations de bananes, de maïs. Bref un air de campagne pendant deux semaines où nous avons eu des cours délocalisés.

J’ai réussi à lier sympathie avec le propriétaire d’un des hôtels de la rive ouest : Khaled de l’hôtel Fayrouz. Un charmant endroit où j’avais pris possession de la table la plus au fond de la terrasse : un peu frais le soir, mais un vrai régal l’après-midi lorsque les rayons du soleil tapent sur le visage. On y sert un mémorable jus d’orange frais. Et puis surtout, j’y avais une connexion internet à volonté. Pas de meilleur endroit pour travailler sereinement loin du chaos et du brouhaha de la capitale.

A Louxor, j’ai rencontré Ahmed. Ahmed est peut-être le prénom le plus commun en Egypte. Le répertoire de mon portable en est plein. J’ai été obligée de les « ramsésiser » : Ahmed I, Ahmed II, Ahmed III… L’Ahmed de Louxor a 16 ans. On lui en donnerait quatre de moins. Le docteur Boutros Wadi qui officie à Louxor et dans ses environs, nous l’avait bien dit: les jeunes de la Haute-Egypte ont de grands problèmes de malnutrition ayant pour conséquence des retards importants de croissance.

Les chiffres publiés par les Nations unies font froid dans le dos : malgré une croissance économique qui oscille entre 5 et 7% selon les sources, un rapport du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) révèle en novembre 2009 que plus d’un tiers des enfants d’Egypte sont mal nourris. Ahmed, lui, mange un sandwich acheté sur le chemin du travail, puis, durant sa pause déjeuner, fouls (fèves), tahina (purée de graines de sésame) taameya (falafels) et cochary (mélange de pâtes, riz et lentilles le tout dans une sauce tomate épicée). Le soir, Ahmed précise qu’il ne mange rien.

Cet adolescent étudie au lycée agricole de Louxor situé dans le village d’El Qorna sur la rive ouest. En réalité, il n’y est qu’inscrit. Il n’assiste pas aux cours : « Je n’y vais que pour pointer aux examens, c’est tout. » Ahmed fait une autre révélation : « J’achète mes diplômes. Je fais cela depuis des années, et je ne suis pas le seul. Les jeunes à 85% dans ma classe payent les professeurs pour réussir. Je pointe aux examens, mets mon nom sur la copie et ça s’arrête là. Tout ici se fait « taht tarabeza » (sous la table). Les seules qui ne payent pas leur diplôme ce sont les filles qui assistent, elles, aux cours et qui passent réellement leurs examens. »

La combine coûte environ 200 guinées (environ 25 euros), selon les dires d’Ahmed. Une pratique dont m’avait déjà parlé un autre Ahmenassiralouxor2t.jpgd, rencontré à Port-Saïd. Appartenant à une toute autre classe sociale, beaucoup plus élevée, et étudiant à l’université, Ahmed disait payer pour réussir ses études. Ahmed de Louxor n’est pas motivé à se rendre en cours. En jetant un coup d’oeil sur l’un de ses manuels scolaires, je comprends son manque d’enthousiasme. Son titre : « Education des abeilles et des vers à soie »…

Ahmed ne va donc pas au lycée. Mais il travaille. Comme garçon de main dans une usine de la ville. Son travail : apporter le thé aux salariés de l’entreprise et autres petites tâches. Tout cela de 8 heures du matin jusqu’à 18 heures le soir. Il reçoit 200 guinées (25 euros) par mois, auxquelles s’ajoutent les pourboires chaque jour. Avec l’argent qu’il gagne la journée, il se paye ses sandwichs ses dépenses quotidiennes : sandwichs et recharges pour le portable.

Le salaire, il le donne à sa famille. « C’est normal, il faut bien aider les parents », dit-il d’un ton sérieux. Ahmed étonne par sa maturité. Il nous reçoit chez lui, nous offre le thé, conseille à son petit frère de ne pas rentrer trop tard, nous parle politique. « Ici vous savez, il n’y a aucune démocratie. On sait qui gagnera les prochaines élections », lance-t-il d’un ton résigné.

Son avenir : il l’imagine, ici, à Louxor. Epousera-t-il une Européenne, comme le font des centaines de jeunes de la ville en contact avec les touristes? « Non, répond-il. Je n’aime pas cette mentalité. C’est contraire à notre religion et je veux que mes parents soient fiers de moi. Je sais que beaucoup de garçons ici en ont envie mais pas moi. Je voudrais me marier avec une fille de chez nous. »

Nassira El Moaddem (Le Caire)

Article publié sur le Bondy Blog : cliquez ici

Des avertissements sur paquets de cigarette…couleur locale!

Les fumeurs vous le diront : aujourd’hui, ils ne font plus guère attention aux avertissements qu’arborent leurs paquets de cigarettes.

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Sur le devant des étuis à clopes français, on peut lire les mentions suivantes : « Fumer tue » ou « Fumer nuit gravement à votre

santé et à celle de votre entourage« . Au dos, on peut également trouver : « Fumer provoque le cancer mortel du poumon » ou bien « Fumer pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant ».

En Egypte, les paquets de cigarette proposent eux des avertissements « 100% halal » ! Lisez plutôt l’avertissement de ce paquet de cigarettes égyptien :

« التدخين لفترة طويلة يؤثر على العلاقة الزوجية ».

Traduction : « La cigarette affecte à long terme la relation conjugale« !!

 

Des salariés du textile manifestent!

Depuis quatre jours, j’entends depuis mon appartement les cris des manifestants qui occupent quelques mètres du trottoir de la rue Majlis Chaab. La quasi totalité des manifestants sont des hommes d’une cinquantaine d’années, d’autres d’un âge plus avancé. Ils dorment depuis désormais quatre jours à même le sol emmitouflés dans des couvertures de laine et encerclés par des barrières et un important dispositif de sécurité.

1.jpgD’ordinaire, le quartier est déjà assez sécurisé. C’est le centre administratif de la capitale : il y a la Majlis El Shoura (Assemblée consultative), Majlis El Shaab pas très loin (l’Assemblée du peuple) et autres ministères dans les rues alentour.  Mais surtout juste en face du trottoir où les manifestants ont élu domicile il y a le cabinet du premier ministre, Ahmed Nazif. C’est à lui que les manifestants adressent leurs cris de revendications. J’ai voulu prendre en photos ces centaines de personnes (400 selon la presse) qui occupent depuis plusieurs jours ces quelques mètres de trottoirs mais la sécurité guette les moindres passants qui se promènent près d’eux. Et n’ayant pas de carte de presse impossible pour moi de me présenter en tant que journaliste. Je guette depuis plusieurs jours la presse occidentale et je suis étonnée de voir qu’aucun correspondant français n’a encore traité l’affaire. A ce jour, jeudi 11 février, seule la BBC a pour l’instant relayé l’information dans un papier disons-le assez laconique.

Munis de quelques banderoles, ces manifestants sont les salariés d’une entreprise de textile, Tanta Linen Flax and Oil Company située à Tanta, dans la région du Delta du Nil au nord de l’Egypte.

egypte.gifIls dénoncent leurs conditions de travail et de salaires depuis la vente de l’entreprise par le gouvernement en 2005 à un investisseur saoudien, Abdallah Saleh Al Ka’ki. Leurs revendications? La renationalisation de l’entreprise, la réévaluation des indemnités repas de 32 Guinées à 90 Guinées (à l’instar de toutes les autres compagnies de textile) et surtout le paiement des derniers salaires toujours non versés. Les manifestants réclament également la réintégration des salariés licenciés pour leur participation à la grève de 2008 et celle du président du syndicat du textile de l’entreprise, Salah Mosallam, licencié le 6 janvier 2010.

Si l’occupation de la rue qui donne face au bureau du Conseil des ministres a débuté il y a quelques jours, le mouvement de grève lui a commencé le 9 janvier, soit depuis plus d’un mois désormais. Le dernier conflit remonte à 2009 : pendant 5 mois, les salariés avaient arrêté leur travail avec la signature le 10 novembre d’un accord avec le syndicat du Textile. Un accord resté lettre morte. Il s’agit de la quatrième manifestation en l’espace de trois ans pour les salariés de cette entreprise de textile. La tension quant à elle commence monter en témoigne ces images filmées par un certain Youbehish. Le site de la BBC parle lui d’émeutes entre forces de l’ordre et manifestants.

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 Crédits photo : Sayed Dawoud sur le site web : http://www.ctuws.com

Au Caire, la Foire du Livre a commencé!

La 42e édition de la Foire du Livre au Caire a ouvert ses portes le 28 janvier. C’est un évènement culturel à ne pas rater pour toute personne qui se trouverait au Caire. Même pour ceux qui ne sont pas arabophones, un détour en vaut la peine. La Foire du Livre de la capitale égyptienne est considérée comme la deuxième plus grande manifestation littéraire après celle de Francfort.

Après la frénésie fooimga0019.jpgt-ballistique, c’est la foule des grands jours qui se précipite pour se rendre à ce qui est considéré comme l’évènement le plus important de la scène culturelle. Pour y parvenir, des navettes amènent les visiteurs en bus depuis la gare Ramsès. La Foire se trouve à l’est de la capitale dans le quartier de Nasr City. La taille du lieu qui abrite la Foire est impressionnante. On se perdrait presque dans ces dédales d’allées et d’exposants qui n’en finissent pas. Tout le monde y trouve son compte : les enfants ont leur rayons attitrés, les amateurs de livres religieux, les amoureux de littérature contemporaine, les passionnés de poésie arabe, les étudiants en quête de manuels scolaires trouvent leur bonheur. Ici le mélange des genres ne pose aucun problème : les monaqqabates, les barbus, les intellos-bobos, les étudiants bling-bling côtoient les familles en sortie dominicale, les costards cravates et les jeunes en commando drague! Dans ce bouillon de culture, les vendeurs de jeux vidéos, d’ordinateurs et d’accessoires de bureau en tout genre ont également élu domicile. En se faufilant dans les allées de la Foire, on rencontre des bouquinistes et autres nostalgiques de la période nassérienne dont les étals jouxtent ceux des barbus aux piles de livres religieux en tout genre.

La Foire du livre c’est un nombre impressionnant d’éditeurs présents sur place, 800 selon les chiffres annoncés par Mohamed Saber, responsable de l’Organisation centrale du Livre en Egypte. Soit 35 de plus que l’année dernière. Une fierté pour un secteur qui a largement souffert de la crise économique. Comme n’importe quelle foire littéraire, celle du Caire propose des cafés culturels et des séances de dédicaces d’écrivains comme celles d’Alaa Al Aswany (L’Immeuble Yacoubian, Chicago) ou de Khaled el Khamissi (« Taxi ») autant d’auteurs anglophones et francophones qui font le bonheur des journalistes occidentaux qui couvrent l’évènement.

imga0007.jpg Pour transporter les visiteurs d’un endroit à un autre, un petit train circule entre les halls. Et une dizaine de cafétérias proposent sandwichs, rafraîchissements et autres plats pour restaurer les estomacs des lecteurs affamés.  Il faut bien plus d’une fois pour parcourir l’ensemble de la Foire tellement l’endroit est immense et les halls pris d’assaut par les visiteurs. L’entrée ne coûte qu’un guinée (15 cents) et les bouquins qui y sont vendus s’avèrent parfois de très bonnes affaires : des réductions de 10 à 60% selon les maisons d’éditions et des livres vendus dès 2 guinées.

 

imga0003.jpgComme dans n’importe quel évènement de ce type, à la vue de tous ces livres, on est pris d’une faim littéraire. On achète des dizaines de livres, tous plus intéressants, beaux et passionnants les uns que les autres, avec l’envie et l’excitation de les dévorer mais combien finiront nous par lire vraiment? Je n’ai pas eu le temps de voir tous les stands que je souhaitais. Je repasserai avant la fin prévue le 10 février. Si vous êtes de passage au Caire, un conseil :courrez-y!

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