Ces jeunes Européens qui apprennent le turc

Pour des raisons professionnelles ou personnelles, de plus en plus d’Européens se mettent à l’apprentissage de la langue turque. Zoom sur ces jeunes, aux profils très divers, qui ont choisi d’en savoir plus sur la culture turque, qu’ils ne voient plus de la même manière.

Clément Girardot est un jeune français de 24 ans. Il a débuté l’apprentissage du turc par des cours privés qu’une étudiante Erasmus turque lui donnait à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble où il finit son master de journalisme. En 2008, il se rend en Turquie en séjour Erasmus à l’Université francophone Galatasaray et débute alors sérieusement l’apprentissage du turc : « Arrivé à Istanbul, j’ai suivi un stage linguistique de 2 semaines financé par le programme Erasmus. Et puis j’avais quelques cours de turc à l’Université Galatasaray et j’ai suivi des cours en mars et en avril 2008 à l’institut TÖMER à lstanbul pour me perfectionner. » Clément souhaite améliorer son niveau en turc pour atteindre un niveau de compréhension courante et lire les journaux, véritable frustration pour cet étudiant qui souhaite devenir journaliste. Selon lui, l’apprentissage du turc n’est pas forcément difficile : « Le système de syntaxe et la grammaire sont très différents du français mais par d’autres aspects c’est une langue sympathique pour les étrangers car il y a très peu d’exceptions et elle se prononce comme elle s’écrit. Et puis il y a beaucoup de mot français, c’est marrant parfois car les gens n’en ont par forcément conscience ».

Le turc, une langue facile?

Maxime lui, étudiant chercheur en histoire de l’art, n’est pas encore parti en immersion en Turquie. Mais ce ne serait tarder puisqu’il compte réaliser une année Erasmus à partir d’octobre prochain. Depuis deux ans, Maxime apprend le turc : d’abord seul puis depuis un an en licence de turc à l’INALCO, Institut National des Langues et des Civilisations Orientales de Paris. L’étude du turc est essentielle pour l’avancée de ses recherches : l’étudiant français travaille sur l’histoire de l’art de la Turquie médiévale. Maxime, tout comme Clément, souhaite arriver à niveau de compréhension courante et envisage même de travailler et « pourquoi pas de vivre en Turquie». Selon Maxime, « le turc est assez facile par certains points, comme la grammaire, mais difficile par d’autres car la logique des suffixes est très différente du français ».

De Cracovie à Paris pour étudier le turc

gabriela3.jpgGabriela Lukasik, elle, n’est pas française mais polonaise. Du haut de ses 20 ans, c’est vers l’apprentissage du turc qu’elle s’est tournée. Au lycée à Cracovie en Pologne, Gabriela étudiait dans une classe bilingue français polonais et avait envie d’apprendre une nouvelle langue originale : « Un jour, pendant les vacances d’été, un jeune homme turc m’a parlé sur internet via Skype. Au début, je l’ignorais. Au fur et à mesure des discussions, nous avons sympathisé. Je lui demandais des mots en turc. J’ai acheté un dictionnaire turc-polonais et un livre de grammaire, j’écoutais des chansons turques. Il m’envoyait des photos de son pays ». Gabriela est donc venue en France pour perfectionner son français. Un de ses amis lui avait parlé de l’INALCO. Un bon moyen pour elle de concilier vie en France et apprentissage du turc : « La France c’était plus facile pour moi que la Turquie pour apprendre le turc. Je connaissais la langue, je connaissais un peu le pays. » Aujourd’hui, Gabriela étudie le turc en deuxième année à l’INALCO mais confie que les premières semaines n’étaient pas faciles pour elle : « Il y avait le problème des termes techniques grammaticaux à apprendre en français : cas locatif, ablatif…Et puis, beaucoup d’élèves étaient turcophones. Mais j’avais appris quelques bases toute seule seulement! ».

Un apprentissage personnel et informel

Aymeric de Poyen est un jeune français de 25 ans. Il a commencé le turc en 2001 de manière irrégulière. Par curiosité d’abord, puis pour raisons professionnelles. Aymeric est interprète de conférence et espère utiliser le turc à l’avenir comme nouvelle langue de travail afin d’enrichir ses compétences linguistiques. Aymeric n’a jamais bénéficié de cours de turc à proprement parler. Une nouvelle forme d’apprentissage informelle et facilitée par les nouveaux modes de vies et les méthodes de langues. Il s’est ainsi procuré une des méthodes de langues dédiée au turc disponible sur le marché : la méthode Assimil, composée d’une méthode de langue, de précisions de grammaire, d’exercices corrigés, d’un lexique et de CD qui permettent dans un premier temps de se familiariser avec le turc. « J’ai commencé avec Assimil et je continue mon apprentissage en solitaire avec l’aide de mes colocataires, qui sont tous turcs ». Aymeric vit à Londres et essaie d’être en contact autant que possible avec la communauté turque pour améliorer son niveau de langue mais aussi pour en savoir plus sur la culture turque. Aujourd’hui, il est à Istanbul pour rendre visite à la famille de ses amis et assister au mariage de l’un de ses colocataires.

La fin des idées reçues ?

Pour tous, l’apprentissage du turc a fait évoluer leurs opinions sur la Turquie et sur les grands débats qui l’agitent. Pour Aymeric, des sujets que l’on considère comme sensibles ne sont pas si tabous que cela en Turquie ou chez les Turcs : « J’ai pu parler ouvertement de beaucoup de choses avec toutes mes connaissances turques. Ma vision des choses s’en est évidemment enrichie, mais je reste toujours aussi indécis face à ces questions. ». Quant à Clément, il affirme que « l’apprentissage de la langue est indispensable pour aborder une société et pour en comprendre certaines problématiques ». L’apprentissage de la langue et de la culture turques, et ses nombreux séjours en Turquie, ont fait évoluer ses opinions sur le pays. Pour lui, « le débat politique parfois consternant est aussi très enrichissant et stimulant en Turquie, concernant la démocratie, l’Europe, la laïcité notamment ». Quant à Gabriela, l’évolution de son opinion a été radicale : « Avant, j’imaginais un pays sale, noir de monde, des transports et des infrastructures délabrés. Maintenant, je vois plus les points communs que les différences. On se ressemble beaucoup au niveau des expressions idiomatiques, de la superstition. Aujourd’hui, je suis beaucoup moins méfiante. En tout cas, ce que j’aime c’est la confiance entre les gens qui règne en Turquie comme chez nous d’ailleurs.»

Où apprendre le turc?

Si l’apprentissage de la langue se fait de manière informelle ou par le biais de méthodes linguistiques, des instituts et des associations proposent des cours de turc. A Paris, l’association Philotechnique propose 3 niveaux de cours de turc à raison de 1 à 2 heures de cours par semaine. Des associations comme ELELE ou Acort à Paris offrent également des cours de turc. Par ailleurs, les centres d’accompagnement scolaire Etudes Plus, nombreux dans la capitale, offre déjà des cours de turc pour les lycéens et s’apprêtent à élargir ces cours vers les étudiants. Au niveau de l’enseignement supérieur, l’INALCO à Paris propose licences, masters et doctorat en langue turque avec des enseignements de langue mais aussi d’histoire, de géographie, d’histoire des religions, de sciences politiques. L’Université Marc Bloch à Strasbourg propose également des diplômes de la licence au doctorat en turc. Les universités Jean Moulin à Lyon et d’Aix en Provence comportent des diplômes universitaires (DU) en 3 ans d’apprentissage de la langue turque. A Paris, la célèbre EHESS, école de recherches en sciences sociales propose des enseignements sur les études turques et ottomanes à ses étudiants de niveau master et doctorat.

Nassira El Moaddem.

Article paru dans l’hebdomadaire franco-turc Zaman France. Photo: Gabriela Lukasik.

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