posts de septembre 2008


L’extrême droite séduit les jeunes Autrichiens

Avec 29% des voix, les deux partis d’extrême droite, FPÖ et BZÖ, arrivent en tête des élections.

Heinz-Christian Strache, jeune prothésiste dentaire de 39 ans, leader du FPÖ, un des deux partis de l’extrême droite autrichienne, semble avoir raflé la première place auprès des jeunes autrichiens de moins de 30 ans, en rassemblant près de 25% de leurs suffrages. Résolument provocateur, le nouveau leader de l’extrême droite autrichienne, marche sur les traces de son aîné, le controversé Jörg Haider.

Les deux formations ont su tirer profit du malaise politique qui règne en Autriche et du large désaveu des Autrichiens à l’égard de leurs dirigeants. Axant leur campagne électorale sur les grands débats sociaux, les deux partis politiques ont ainsi séduit jeunes et classes populaires, s’efforçant de mettre de côté les attaques racistes et antisémites qui ont fait leur fonds de commerce lors des grands rendez-vous politiques.

Nassira El Moaddem

Le parcours du combattant des étudiants turcs

En Turquie, l’accès aux universités est un intense parcours du combattant et ….. un marché juteux. Si le baccalauréat fait frémir plus d’un lycéen du côté hexagonal, en Turquie l’examen de l’Ö.S.S. (Ögrenci Seçme Sinavi), mis en place depuis 1974, ravive tout autant le stress des futurs étudiants du pays. En juin dernier, le traditionnel concours d’accès a rassemblé plus d’un million et demi de candidats, qui ont planché sur d’interminables questions (QCM), sésame pour accéder aux bancs de la fac et réussir à briguer les prestigieuses universités des grandes métropoles. Ou pas. Car la sélection est impitoyable. Tous rêvent d’entrer dans les grands campus stambouliotes ou d’Ankara. A Istanbul, l’université de Bogaziçi (université du Bosphore) et l’université francophone de Galatasaray, ou bien encore la célèbre Middle East Technical University de la capitale raflent les premières places du palmarès des établissements les plus prisés. Le rang de classement obtenu après le concours déterminera l’université dans laquelle les futurs étudiants turcs feront leurs armes. Chaque année, de 30 à 39% des lycéens sur l’ensemble des candidats seront effectivement admis à l’université.

La course à la réussite

La difficulté du concours, le nombre important de candidats et l’espoir d’être admis dans des universités de renom poussent bon nombre de jeunes lycéens turcs à multiplier les moyens pour réussir le concours et obtenir le meilleur classement possible. On assiste ainsi à une prolifération en Turquie, à la fois dans les grandes agglomérations mais aussi dans les petites villes, des systèmes de cours du soir mis en place dans les « dersane » des instituts privés proposant après la classe des enseignements complémentaires dans des disciplines variées. Leur nombre est passé de 1075 en 1998 à 2615 en 2004. Les « dersane » de langue, notamment d’anglais ou de français, rencontrent un franc succès. On peut également voir l’émergence de cours à domicile notamment au sein de la bourgeoisie et de l’élite turque des grandes villes, dispensés par des professeurs en second service ou par des étrangers (filles au pair, étudiants étrangers…)  

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Si leur constante augmentation prouve l’élévation du niveau d’éducation en Turquie et l’intérêt pour la réussite scolaire des enfants, cette tendance interroge tout autant sur un système où la course à la réussite est devenue un enjeu national, ponctionnant une grande partie du budget des familles turques. Beaucoup de parents avouent avoir délibérément réduit le nombre de leurs enfants en conséquence du coût de l’éducation de leurs bambins. Car le marché des cours du soir et des dersane sont une manne financière importante; qui coûtent cher aux familles les plus modestes tout autant soucieuses de l’avenir de leurs enfants que les autres.

Un foisonnement d’universités : la libéralisation de l’enseignement

La Turquie ne compte pas moins de 80 universités sur l’ensemble du territoire. En 1992, leur nombre a augmenté de manière spectaculaire avec la création de 24 établissements en province. Mais ce qui marque le paysage de l’enseignement supérieur turc, c’est la multiplication du nombre d’ universités privées. La première qui soit apparue est l’Université de Bilkent à Ankara, créée en 1982 qui figure désormais parmi les meilleures universités de Turquie. Il existe aujourd’hui environ 25 universités privées, les trois cinquièmes étant concentrés à Istanbul. La plupart sont l’émanation de fondations privées de grandes holdings familiales turques: Koç, Sabanci…

Mais le développement de ces universités privées, aux frais d’inscriptions souvent élevés, inquiète également car elles ont une incidence directe sur leurs semblables publiques. Beaucoup de professeurs du public se tournent désormais vers le privé, pour leur plan de carrière ou attirés par des salaires plus alléchants. L’Etat quant à lui, se désengage de plus en plus des universités publiques : certaines, vétustes et dégradées, ne bénéficient pas de l’attention des pouvoirs publics. La question de l’éducation continue à alimenter un débat important en Turquie : les trop fréquents effondrements d’établissements ou de pensionnats ravivent régulièrement les discussions autour de la négligence des autorités publiques quant à l’entretien des locaux- voire quant à l’attribution des marchés publics. Beaucoup en Turquie dénoncent des octrois opaques et des pratiques clientèlistes conduisant à des catastrophes comme celle du 3 août 2008 dans la banlieue de Taskent à 350km au sud d’Ankara. Ce jour-là, 18 personnes ont péri, 17 écolières et leur professeur, à la suite de l’explosion de leur pensionnat, due à des fuites de gaz dans les cuisines de l’établissement. Selon les éléments de l’enquête, il s’agirait d’une défaillance dans la construction de l’immeuble.

Nassira El Moaddem

Photo : Bogaziçi Üniversitesi (Université du Bosphore), Istanbul; de  Zehra Sahin.

Berlusconi et ses « bienfaits » de la colonisation

 

m083077au.jpg Que pouvait rêver de mieux Mouammar Khadafi pour célébrer le 39ème anniversaire de la Révolution? C’est un accord inédit qui vient d’être signé ce week-end à Benghazi en Libye entre le Président du Conseil italien et le Guide de la Révolution. Un accord parmi une série de coups diplomatiques libyens qui permet à Tripoli de sortir peu à peu de l’isolement.

39ème anniversaire du coup d’État de 1969

Reçu à l’occasion des festivités du 39ème anniversaire du coup d’Etat de 1969 qui a porté au pouvoir le Colonel, Berlusconi a finalisé et signé avec Khadafi un traité d’amitié et de coopération soldant ainsi leurs vieux comptes qui ternissaient les relations entre les deux voisins méditerranéens.

Une mise en scène minutieusement étudiée

Le choix du moment politique de la conclusion de cet accord, qui avait été préparé par l’ancien Président du Conseil italien, Romano Prodi, n’est pas dû au hasard : la Libye à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’arrivée au pouvoir du Colonel, reçoit des personnalités politiques du monde entier. Une façon pour Khadafi d’exposer cette victoire et de paraître aux yeux de ses invités comme le dernier chef de file du mouvement anti-colonial. Il a d’ailleurs été intronisé par des chefs de tribus africaines « roi des rois d’Afrique », deux jours avant la conclusion de l’accord, qui l’ont auréolé de bijoux et autres présents. Quant au lieu où le partenariat a été signé, il est lui aussi fort de symboles puisqu’il s’agit du jardin d’un ancien palais du gouverneur italien de Benghazi.

L’Italie rachète son passé

L’accord signé entre Rome et Tripoli met fin à plusieurs décennies de conflits sur la question coloniale. C’est en 1911 que l’Italie occupe le territoire libyen déclarant la guerre à l’Empire ottoman alors pouvoir mandataire sur les deux provinces de Tripolitaine et de Cyrenaïque qui forment aujourd’hui la Libye. 1942 signe l’arrivée des troupes franco-britanniques et avec elles, la fin de l’occupation libyenne par les Italiens.

Par cet accord, l’Italie s’engage à verser à la Libye la somme de 5 milliards de dollars, au titre de dédommagements pour l’occupation du territoire libyen pendant 30 ans. Une indemnisation inédite dans l’histoire des relations entre l’Europe et ses anciennes colonies. Le paiement de la réparation sera étalé sur 25 ans sous forme d’investissements.

Selon les termes du traité, l’Italie s’engage à financer plusieurs projets d’envergure : Rome construira une autoroute le long du littoral libyen qui reliera l’Egypte à la Tunisie. L’Etat italien promet également la construction d’un très grand nombre de logements, l’installation sur le territoire libyen d’entreprises italiennes, l’octroi de bourses à des étudiants libyens désireux de poursuivre leurs études en Italie et le versement de pensions aux victimes de mines anti-personnelles posées par l’armée durant la période coloniale. Cette batterie d’engagements a été précédée de la restitution à l’Etat libyen sur décision de justice italienne de la Vénus de Cyrène, une statue sans tête datant du IIème siècle avant J-C découverte en Libye par des chercheurs italiens durant l’occupation.

Contre-parties libyennes du traité : énergie et immigration

On peut se demander quelles sont les raisons qui ont conduit Berlusconi à signer cet accord. Le président du Conseil italien aurait-il eu un cas de conscience? En réalité, les enjeux de ce traité ont une portée économique et politique cruciale pour l’Italie.

Économique tout d’abord, puisque l’Italie, à l’image de ses voisins européens, traverse une période creuse : inflation, hausse des prix des matières premières, ralentissement du marché de l’emploi, croissance en berne. L’accord signé avec la Libye à travers les engagements pris dans le domaine de la construction et de l’implantation d’entreprises italiennes est une manière habile de redynamiser une économie un peu à la traîne, dans un État libyen où le potentiel d’activités est gigantesque. La compagnie pétrolière italienne, ENI a ainsi vu ses contrats prorogés de 25 ans, pour l’exploitation du gaz et du pétrole en Libye. Devant les déficits énergétiques à venir, notamment ceux de l’or noir, Berlusconi ne sait que trop bien la plus-value que représente cette manne.

L’enjeu est également politique puisque si l’accord porte sur l’indemnisation de la Libye pour l’occupation coloniale italienne, le versement des réparations est conditionné par la collaboration des autorités libyennes à la lutte contre l’immigration dite illégale, collaboration que Khadafi refusait jusqu’alors. Le traité officialise la création de patrouilles communes entre les deux pays le long des côtes libyennes que beaucoup de migrants empruntent pour rejoindre la rive européenne de la Méditerranée. Depuis 2008 près de 15 000 migrants d’Afrique Noire ont débarqué sur l’île de Lampedusa, un des points d’entrée les plus utilisés par les migrants pour atteindre les côtes italiennes.

Une question reste tout de même en suspens entre Rome et Tripoli concernant les 20 000 exilés italiens qui attendent une indemnisation du gouvernement libyen après que ce dernier leur ait confisqué leurs biens suite au coup d’État militaire de 1969.

Une realpolitik libyenne?

La conclusion de cet accord intervient à la suite d’une série de victoires diplomatiques pour la Libye. Longtemps isolé de la scène internationale, l’Etat libyen redevient fréquentable depuis que ce dernier a accepté après une interminable bataille judiciaire et politique, la libération des 5 infirmières bulgares et du médecin palestinien accusés entre autres d’avoir volontairement inoculé le V.I.H. à plus de 390 enfants de l’hôpital de Benghazi où ils travaillaient. On se souvient aussi de la venue controversée de Khadafi à Paris en décembre 2007.

Récemment, c’est avec les Etats-Unis que la Libye règle un contentieux de plus de 20 ans. Le 14 août 2008, un accord américano-libyen est signé prévoyant l’indemnisation des familles des victimes du conflit entre les deux pays dans les années 1980*. Si Khadafi refuse de reconnaître la responsabilité de l’Etat libyen dans cette série d’ attentats, son accord au versement d’indemnités aux familles des victimes suffit pour entamer un processus de normalisation avec les Etats-Unis. D’ailleurs pour la première fois depuis plus d’un demi siècle, un responsable américain de haut rang se rendra la semaine prochaine à Tripoli pour une visite hautement symbolique. C’est Condoleeza Rice, chef de la diplomatie américaine, qui comme la France et l’Italie, donnera l’occasion à Khadafi d’affiner son image internationale.

Nassira El Moaddem

* Plusieurs évènements ont envenimé les relations entre les deux pays dans la décennie 1980.

Attentat dans une discothèque berlinoise attribué à la Libye avec des citoyens américains parmi les victimes.

Raids lancés par les Etats-Unis contre la Libye en avril 1986 dont une fille adoptive de Khadafi.

Attentat de Lockerbie en Ecosse en 1988 qui avait fait 288 morts, parmi eux plusieurs ressortissants américains et la responsabilité est imputée à la Libye.

Attentat en 1989 contre le DC-10 d’UTA au dessus du Niger attribué à Tripoli avec 7 morts américains.

Photo : http://lactualite.com/images/FEEDS/08/30M083077AU.jpg

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